Le 11 Septembre 2001

Lundi 1 décembre 2008

Depuis le 11 septembre, les Etats-Unis se sont lancés dans une guerre au terrorisme, au nom du monde ' libre '. Cette vision ' impériale ' n'a rien de surprenant pour un pays qui, guerres mondiales mises à part, a dépêché des troupes dans 28 pays en un siècle ! Premier bénéficiaire de cette frénésie interventionniste : le complexe militaro-industriel, dont la menace fut jadis prophétisée par le président Eisenhower. 50 ans plus tard, à l'heure de la présence américaine en Irak, le Pentagone (ministère de la Défense, nda) absorbe à lui seul les trois quarts des dépenses militaires de la planète. La démocratie américaine peut-elle survivre à un tel appétit pour le recours à la force ? Dans ce film, Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain, racontent les ressorts d'une addiction à la guerre sans cesse croissante. Ils reviennent pour cela sur la genèse de la guerre d'Irak, la sophistication criminelle du ' scénario ' servi à l'opinion à propos des armes de destruction massive. Ils détaillent le mensonge fait au peuple américain, au Congrès, aux alliés, aux Nations Unies, au monde... et ses dégâts politiques. Jamais auparavant la Maison Blanche n'avait initié un conflit de cette envergure sur un tel mensonge et pour des raisons aussi éloignées des intérêts supérieurs de la nation américaine. Pour nos personnages, la guerre d'Irak constitue un ' détournement de la nation '. Elle est le prototype de la guerre de l'avenir, la ' guerre éternelle, sans claire définition de la victoire ', alimentée par la création permanente ' d'ennemis imaginaires '. Sombre bilan, à l'heure de l'actuelle ' crise iranienne '. A partir de la genèse du fiasco irakien, ce film s'offre comme une plongée sur Washington et ses arcanes, un monde secret aux mains de marchands d'influence prospérant sur le sang des autres. Parmi eux, le principal architecte de la guerre d'Irak : le vice-président Dick Cheney.(Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants). Copyrights de l’image ci-dessus : prod

 

Comment un groupe de néoconservateurs américains, baptisé la Cabale, a-t-il été mis en place et a-t-il pu se retrouver aux commandes de la deuxième attaque de l'Irak ? Cette enquête édifiante détaille un mensonge fait au peuple américain, au Congrès, aux alliés, aux Nations unies et au monde entier…

« Quand j'ai compris que les politiques voulaient la guerre — quitte à mentir au peuple américain pour avoir leur guerre —, je suis tombée des nues, j'y ai vu une violation de la Constitution, sinon une insulte et une trahison de mes états de service et de ceux En de tous les militaires », explique Karen Kwiatkowski, lieutenant-colonel de l'US Air Force à la retraite. Elle a vécu le 11 Septembre en direct. En mai 2002, elle est transférée vers le département Moyen-Orient du Pentagone et s'étonne de pratiques étranges. Ecœurée, elle quitte ses fonctions en mars 2003, dans les jours qui suivent l'invasion de l'Irak. Joseph Trento, journaliste et écrivain, quant à lui, analyse le rôle de Dick Cheney, vice-président américain, de Donald Rumsfeld, numéro un du Pentagone, et du président George W. Bush dans la construction d'un scénario criminel. Rumsfeld décide pour cela de s'appuyer sur ses amis néoconservateurs et de mettre en place un système de renseignement parallèle interne au Pentagone. Ses hommes d'influence vont intégrer, à la fin de l'été 2002, une nouvelle unité secrète appelée Office of Special Plans (OSP).

Sa fonction ? Produire des synthèses, non amendables, sur le terrorisme, les armes de destruction massive, Saddam Hussein et l'Irak. Karen Kwiatkowski et Joseph Trento passent en revue la propagande, les erreurs stratégiques, l'augmentation des budgets militaires, la neutralisation du FBI et de la CIA, le décalage entre les recommandations de l'OSP et les rapports d'espionnage mentionnant l'absence de preuves concernant la possession d'armes de destruction massive. Mais aussi le poids de l'AIPAC, un lobby pro-israélien, les contestations de militaires et d'hommes politiques, la corruption à Washington DC… Karen Kwiatkowski et Joseph Trento dénoncent une guerre dont les raisons sont éloignées des intérêts supérieurs de la nation américaine. Ils pointent du doigt une croisade au nom du business et au profit des entreprises d'armement, qui risque de décrédibiliser pour longtemps les Etats-Unis.

 

 


 

 

 

 

Par OR1972
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Jeudi 2 octobre 2008
Par olivier
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Dimanche 28 septembre 2008

Article Agoravox : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44983

Quelles sont les vraies raisons de la guerre en Afghanistan ? Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon rompt le silence et se dresse contre les "mensonges" du gouvernement.


 Jean-Luc Mélenchon est un homme politique atypique, qui, souvent, vient briser la pensée unique. Notamment en matière de politique internationale. On se souvient du son de cloche dissonant qu’il apporta à l’époque des troubles au Tibet, peu avant les Jeux Olympiques de Pékin. Sans soutenir le régime chinois, il refusait de participer au concert de louanges qui entourait la personne du dalaï-lama et son idéologie religieuse.

Le 21 septembre, c’est à l’engagement des troupes françaises en Afghanistan que le sénateur socialiste s’est attaqué, dans
un article remarquable publié sur son blog, et intitulé La guerre en questions ?. Pas moins de 300 commentaires ont suivi ce texte, qui met les pieds dans le plat.

Mélenchon dénonce d’emblée les "mensonges" et la "propagande" du gouvernement, notant la désormais célèbre volte-face de Nicolas Sarkozy, qui, le 26 avril 2007, entre les deux tours de la présidentielle, sur France 2, déclarait : « La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. Si je suis élu, les troupes françaises quitteront l’Afghanistan »... avant de lancer, en novembre 2007, au cours de sa visite à Washington : « la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra, car ce qui est en cause dans ce pays, c’est l’avenir de nos valeurs et celui de l’Alliance Atlantique ».

Prenant à rebrousse-poil le message gouvernemental, selon lequel notre présence militaire en Afghanistan se justifie par la lutte pour la liberté et contre le terrorisme, il soutient que "c’est l’intensification des actes de guerre de la coalition qui nourrit le terrorisme et fait reculer la liberté".

Mais surtout, Mélenchon interroge les véritables objectifs de cette guerre, que nos dirigeants omettent de dire. Lui ne croit pas, manifestement, à la "guerre au terrorisme" ; dans une interview à
France 24, le 25 septembre, il parle de "soi-disant lutte contre le terrorisme", qui serait même, selon lui, "du pipeau" (voir à 15 min 15).



Il dit aussi que cette guerre a été déclenchée "en réplique à un événement [les attentats du 11-Septembre] par rapport auquel les Américains prétendaient donner des preuves certaines du fait que c’était parti d’Afghanistan". Cette petite phrase, pas vraiment anodine, et qui en rappelle une autre, sous-entend que les Américains n’ont pas donné les fameuses preuves, et que l’origine (géographique) des attentats reste incertaine...

La guerre en Afghanistan ne serait donc pas une "guerre au terrorisme", et le 11-Septembre, prétexte de la guerre, n’aurait pas nécessairement été préparé en Afghanistan... Mais revenons à l’article de Mélenchon et citons-le même longuement :

"Une bonne preuve de l’effet d’opportunité qui a été à l’origine de l’invasion militaire de l’Afghanistan est qu’elle a été préparée par les Américains et les Britanniques plusieurs mois avant le 11 septembre. Dès l’été 2001, les Américains avaient commencé à envoyer des commandos en Afghanistan et avaient pré positionné d’importantes forces en Egypte tout en déployant avec les Britanniques leurs flottes en mer d’Oman pour préparer l’invasion du pays. Les vrais motifs de l’invasion étaient donc ailleurs que dans la réplique à Oussama Ben Laden, qui n’avait d’ailleurs d’autres lien avec l’Afghanistan que de s’y être réfugié dans les montagnes. Mais qui se souvient que le régime taliban qui gouvernait à l’époque à Kaboul avait déclaré accepter au lendemain du 11 septembre de livrer Ben Laden pour qu’il soit jugé. Peu importait alors aux Américains. Colin Powell affirme alors au monde entier que les Etats-Unis détiennent des preuves de l’implication afghane dans les attentats du 11 septembre et qu’elles seront fournies au Conseil de sécurité. Personne ne les a pourtant jamais vues. Personne ne les réclame depuis. Ce tableau est donc couvert d’une ombre inquiétante depuis l’origine. En effet, les Américains sont très actifs en Afghanistan et au Pakistan depuis la fin des années 1970. Ils se sont fortement appuyés sur les islamistes pour contrer l’influence soviétique dans la région. C’est eux qui ont constitué « Al-Qaïda » à l’époque pour combattre les russes. A ce titre, ils avaient directement armé les Talibans. La prise de pouvoir de ceux-ci à Kaboul en 1996 avait été soutenue par deux alliés de poids des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Tout ce passé semble s’être évanoui des souvenirs officiels et des « argumentations » du présent. Pourquoi ?"

Ce seul paragraphe est une bombe. L’un des principaux leaders du Parti socialiste rappelle que la guerre en Afghanistan était en préparation bien avant le 11-Septembre, et que ses raisons sont donc à chercher ailleurs que dans la réplique à l’attaque terroriste sur New York et Washington. Il dit là implicitement que les gouvernements qui le prétendent nous manipulent. Il rappelle encore ce que l’on oublie souvent, à savoir que les Talibans étaient prêts à livrer Ben Laden au lendemain des attaques,
pour peu que les Américains leur livrent les preuves qu’ils prétendaient détenir (comme les Britanniques) de sa culpabilité. Mais les Américains étaient, semble-t-il, trop empressés d’attaquer pour donner leurs preuves, et prendre le risque que Ben Laden leur soit livré... Mélenchon rappelle enfin que les preuves de l’implication afghane dans les attentats, que les Américains avaient promis de donner, n’ont jamais été vues par quiconque.

On pourrait aussi rappeler que les Talibans, mis en cause pour avoir accueilli Ben Laden et des camps d’entraînement d’Al-Qaïda, avaient (aussi surprenant que cela puisse paraître) averti les Etats-Unis, fin juillet 2001, de l’imminence d’une énorme attaque d’Oussama Ben Laden sur leur sol, par l’entremise du ministre des Affaires étrangères Wakil Ahmed Muttawakil (
Independent, 7 septembre 2002). L’un des nombreux avertissements étrangers reçus par les Américains avant le 11-Septembre.

Mais revenons à Mélenchon. Quelle est donc la raison de la guerre en Afghanistan ? Le paragraphe suivant de son texte y répond :

"
LE PETROLE BIEN SÛR
Dans cette région du monde, la succession des événements montrent que souvent les motifs d’action sentent très fortement le pétrole. Depuis la chute de l’URSS en 1991, les Etats-Unis font tout pour contrer l’influence russe et iranienne en Asie centrale. En particulier pour désenclaver sous leur contrôle les importantes réserves de pétrole et de gaz du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et du Turkménistan. Les Etats-Unis conçoivent alors un projet de pipe line géant allant de la mer Caspienne jusqu’à la mer d’Oman via l’Afghanistan et le Pakistan. Pour cela ils négocient via la compagnie pétrolière californienne Unocal avec tous les pouvoirs locaux en place. A partir de janvier 2001, le vice-président Dick Cheney suit personnellement le déroulement de ces tractations qui butent sur le refus du régime taliban. On notera que le régime taliban à peine renversé, le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan signaient un accord relançant le projet de pipeline. Bush a aussitôt comme émissaire spécial à Kaboul un ancien collaborateur du groupe Unocal, le diplomate Zalmay Khalizay et le président Hamid Karzaï a lui aussi été consultant du groupe pétrolier, tout comme le futur ministre afghan des Mines et de l’Industrie Mir Sediq. Cette caricature à peine croyable de main mise est une toile de fond avérée. Mais elle est toujours absente du débat sur les objectifs de guerre en Afghanistan et le bilan de la présence "occidentale". Pourquoi ?
"

Les députés de la majorité continueront de nous assurer que nous combattons pour les droits de l’homme, ou encore pour éviter que des bombes n’explosent dans le métro parisien...

Par olivier
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Dimanche 17 août 2008

Interview exclusive de Thierry Meyssan par ReOpen911

http://www.reopen911.info/11-septembre/interview-exclusive-de-thierry-meyssan-par-reopen911

Posté par
Kyja le 16/8/2008

La parole de M. Thierry Meyssan est rare, non qu’il refuse systématiquement les interviews… Mais simplement les médias français ne donnent jamais la parole à cet analyste politique aux propos pourtant toujours mesurés, malgré ses convictions personnelles très marquées en faveur des droits humains et contre les menées géopolitiques de l’Empire états-unien. La réflexion affûtée et pertinente de cet intellectuel français semble extraordinairement atypique dans le brouhaha de la propagande ambiante.
ReOpen911 est fière de mettre en ligne une longue interview de « celui par qui le scandale du 11-Septembre est arrivé » (à son insu). Mais les questions des membres de l’association pour la réouverture de l’enquête sur les attentats terroristes aux Etats-Unis n’abordent pas ce seul sujet : nos membres, citoyens curieux et ouverts, s’intéressent à tous les sujets d’actualité et M. Meyssan répond en toute franchise et indépendance d’esprit à leurs questions. Une interview passionnante, très loin des fantasmes de certains pour qui les relations entre ReOpen911 et Meyssan seraient celles des adeptes d’une secte face à leur gourou !
 
Retour en arrière sur la « polémique », les accusations d’antisémitisme à son égard (dont on a vu que la récente « affaire Siné » avait peut-être marqué l’essoufflement de cette scandaleuse stratégie de bâillonnement de toute critique de la politique d’Israël), le travail mené avec le Réseau Voltaire qu’il continue à présider depuis sa fondation, les menaces pesant sur sa vie, les dérives liberticides et les atteintes aux droits de l’homme, la politique des États-Unis envers l’Union européenne, et leurs relations avec le nouveau pouvoir en France, les intérêts d’al-Qaïda et même les récents événements en Géorgie : discussion à bâtons rompus au cours de laquelle M. Meyssan n’a jamais recours à la langue de bois.

 


ReOpen911 : Suite à la parution de L’Effroyable Imposture, « on » (Gérard Miller, Pascal Bruckner, Pierre Marcelle, Alain Finkelkraut, Caroline Fourest, liste non exhaustive…) vous a souvent présenté comme un « révisionniste », vous comparant même à M. Faurisson ; outre que cela permet à moindres frais d’éviter de répondre aux questions et aux points pertinents que soulèvent vos analyses, cela a ancré, par amalgame, dans les esprits d’un grand nombre de nos concitoyens l’idée fausse que vous seriez antisémite. 1

Vous avez pendant longtemps préféré ne pas vous expliquer sur des injures aussi odieuses qu’infondées et autres calomnies (quiconque peut le constater par soi-même en lisant vos livres ou en consultant le site du Réseau Voltaire de fond en comble : il n’y a pas le moindre propos antisémite1, évidemment). Cependant, ne pas y répondre, c’est aussi laisser le champ libre à vos détracteurs ; baisser la garde, n’est-ce pas faire le jeu de ces « salauds », pour reprendre l’élégante formule que M. Fabrice Nicolino (Politis du 11 avril 2002) avait eu à votre égard ?

Thierry Meyssan : Mes détracteurs jouent sur les mots. Comme l’a noté Pierre Vidal-Naquet, le terme "révisionniste" s’applique à tout historien qui fait son travail, celui de réviser les préjugés. Aussi refusa-t-il d’utiliser ce mot pour qualifier ceux qui nient le massacre des juifs d’Europe et lui préféra-t-il celui de "négationnistes". Cependant mes détracteurs créent une confusion dans l’esprit du public en me traitant de "révisionniste" et en faisant allusion simultanément au professeur Faurisson, condamné maintes fois pour antisémitisme. Ainsi, sans l’avoir dit, ils suggèrent que je suis antisémite.

Je suis humaniste et j’ai lutté —bien plus que ceux qui m’insultent— contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme. En qualité de président du Projet Ornicar, j’ai même reçu les félicitations du Mémorial Yad Vashem, la plus haute autorité morale en la matière. En qualité de président du Réseau Voltaire, j’ai animé le Comité national de vigilance contre l’extrême droite, qui a réuni chaque semaine pendant plusieurs années les 45 plus importantes organisations de gauche (partis politiques, syndicats, associations, loges maçonniques).

Lors de la campagne médiatique organisée contre moi, en 2002, j’ai porté plainte pour diffamation contre une douzaine de journaux qui avaient suggéré que j’étais antisémite. J’étais défendu par Me Bernard Jouanneau, qui est précisément l’avocat à l’origine de la jurisprudence contre les "négationnistes". Globalement, pour des propos quasi-identiques, j’ai gagné les procès à Versailles et perdu ceux à Paris. La Cour d’appel de Paris a reconnu que j’avais été diffamé, mais a considéré que je l’avais bien cherché et qu’il n’y avait pas matière à appliquer la loi et à condamner mes adversaires.

Un pas a été franchi par Pierre Rigoulot. Le co-auteur du Livre noir du communisme a écrit dans son livre sur l’Antiaméricanisme que je niais qu’il y ait eu un attentat contre le Pentagone. Et il m’a attribué entre guillemets une citation antisémite avec référence en bas de page. Il a été condamné pour cela. Depuis, personne ne s’est avisé d’inventer d’autres citations de ce type.

ReOpen911 : Pourquoi ne vous défendez-vous pas contre ces suspicions d’antisémitisme ? Comment convaincre les ReOpenistes et au-delà les sympathisants de l’objectif que s’est fixé cette association, que le Réseau Voltaire n’est pas antisémite. M. Meyssan, que faites-vous concrètement, personnellement et/ou au travers de www.voltairenet.org, pour combattre cette image d’antisémitisme, qui vous est attribuée par vos détracteurs. Par exemple, avez-vous des contacts avec les communautés juives de France ?

Thierry Meyssan : Comme je vous l’ai dit à l’instant, mon action passée est la preuve de mon humanisme. Il n’y a de place à une suspicion d’antisémitisme que pour des gens de mauvaise foi. Au demeurant, je ne m’intéresse pas à démentir que je sois antisémite, mais à agir contre l’antisémitisme. Je n’ai pas de contact avec les communautés juives de France en tant que telles, ni avec aucune communauté religieuse quelle qu’elle soit, car je suis laïc et ne pense pas que les problèmes politiques doivent se régler ainsi.

Une explication est ici nécessaire. Mes convictions humanistes me conduisent à condamner identiquement toute forme de discrimination fondée sur l’appartenance réelle ou supposée à un groupe de population. Je condamne donc à la fois non seulement l’antisémitisme et le sionisme, mais aussi l’amalgame entre les juifs et les crimes perpétrés par l’État d’Israël. Or, profitant du fait que toute personne reconnue comme juive par l’État d’Israël est éligible à la nationalité israélienne, le mouvement sioniste tente d’assimiler anti-sionisme et antisémitisme.

Dès sa création, en 1994, le Réseau Voltaire a combattu toutes les formes d’intolérance. Il y avait unanimité entre nous lorsque nous avons mené campagne contre les idées racistes de l’extrême droite. Dans l’affaire du DPS (Département protection sécurité), nous avons pris de grands risques, travaillé avec l’ambassade d’Israël et suscité une commission d’enquête parlementaire. Jean-Marie Le Pen et le Front national m’ont poursuivi en justice avec le Réseau Voltaire parce que j’avais évoqué la préparation d’une "nuit de cristal". Aucun avocat n’ayant accepté de nous défendre, j’ai plaidé moi-même ma défense. J’ai gagné. Cependant, tout a changé lorsque, à partir de 1999, nous avons étendu notre action à l’étranger. J’ai eu la surprise de constater que certains de nos administrateurs, sincèrement engagés dans la lutte contre le racisme, défendaient des principes opposés lorsqu’il s’agissait du Proche-Orient. Là-bas, ils se satisfaisaient très bien de l’apartheid israélien. Notre conseil d’administration est devenu un champ de bataille. En définitive, les administrateurs sionistes ont été mis en minorité. Ils ont démissionné, les uns après les autres, non sans insulter avec un acharnement particulier un de nos administrateurs qui est juif antisioniste. Ils ont répandu, via Internet, des calomnies contre lui dans l’espoir de ruiner son entreprise, ce qu’ils ne sont pas parvenus à faire.

Dans la situation politique internationale actuelle, je pense que le meilleur moyen d’agir contre l’antisémitisme, c’est de dénoncer la prétention illégitime de l’État d’Israël à représenter les juifs dans leur ensemble et à les rendre responsables des crimes du sionisme. Je l’écris de manière récurrente dans mes articles.

ReOpen911 : Vos 2 livres L’Effroyable Imposture puis Le Pentagate ont permis d’amorcer le débat et suscité une énorme controverse sur le sujet. Ils ont aussi eu pour conséquence de vous disqualifier dans tous les médias dominants : votre nom ne peut plus être prononcé sans que se déchaînent des passions le plus souvent irrationnelles ; vous êtes devenu une sorte de « pestiféré » du journalisme à tel point que nous ne pouvons plus vous citer sans prendre le risque de devenir inaudibles. Avec le recul de ces 6 années, changeriez-vous de stratégie si vous aviez à réécrire ces livres et modifieriez-vous votre argumentaire ?

Thierry Meyssan : Non, je ne changerais rien du tout. 

Beaucoup de gens me disent que mes livres sont mal écrits, que mon travail n’était ni fait, ni à faire, et que si j’avais suivi leurs conseils il en serait autrement. Toutefois aucun d’entre eux n’a fait quoi que ce soit pour faire éclater la vérité. La stratégie que j’ai choisie était la seule que j’étais capable de mettre en œuvre. Je l’ai fait et je l’assume. Je suis fier d’avoir ouvert cette polémique et d’avoir ouvert les yeux de centaines de millions de gens. J’en paye le prix, c’est normal. On ne peut pas défier le plus grand empire de l’Histoire sans conséquences.

Au demeurant, si je suis un « pestiféré du journalisme », comme vous dites, dans les pays de l’OTAN, il n’en est pas de même ailleurs où l’on m’attribue au contraire des distinctions.

ReOpen911 : L’attaque sur le Pentagone reste l’un des sujets les plus mystérieux du dossier du 11/9 ; la théorie du missile que vous avez soutenue avec Pierre Henri Bunel, reste d’ailleurs très débattue à l’intérieur même du Truth Movement et jusqu’au sein de ReOpen911 également. De nombreux membres (du Forum ou de l’association) continuent de réfléchir à ce sujet, quelle est votre opinion sur ce sujet précis aujourd’hui ? A-t-elle évoluée ces dernières années ? Dans les deux cas, pourquoi ?

Thierry Meyssan : Dans L’Effroyable Imposture 1, je me suis contenté de noter que l’explication gouvernementale de ce qui s’est passé au Pentagone est idiote. À l’évidence aucun avion de ligne ne s’est écrasé à cet endroit. C’est ce point qui était important pour moi, car la théorie du Boeing a été utilisée par les États-Unis pour justifier devant le Conseil de sécurité de l’ONU l’attaque de l’Afghanistan.

J’ai été très étonné des réactions. Particulièrement lorsque j’ai lu le dossier du Monde assurant avec force vocabulaire scientifique qu’il est parfaitement normal qu’un avion se dématérialise. Je ne pensais pas que des gens éduqués nous feraient le coup du « Pentagone des Bermudes ». Je trouve plus subtil le travail de Pilar Urbano en Espagne. Cette célèbre journaliste a préféré reconnaître l’évidence et broder sur de possibles motifs de Sécurité nationale qui auraient obligé l’administration Bush à mentir sur ce point. De cette manière, elle a élaboré un argumentaire pour concilier la réalité avec le mythe du complot islamique mondial.

En définitive, j’ai proposé la théorie du missile lors de la conférence que j’ai présentée aux ambassadeurs de la Ligue arabe à Abou Dhabi. Je l’ai développée dans Le Pentagate, dont Pierre-Henri Bunel a bien voulu rédiger un chapitre. Je suis ouvert à toute autre hypothèse, mais pour le moment, celle-ci est la seule crédible.

ReOpen911 : Que pensez vous du mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre aujourd’hui et quel avenir lui voyez-vous ? Comment évaluez-vous ses chances d’aboutir dans son combat ? Quel conseil de stratégie donneriez-vous au Truth Movement ?

Thierry Meyssan : Je suis enthousiasmé en voyant des citoyens de divers pays occidentaux, de plus en plus nombreux, refuser de gober la propagande impériale et chercher à se faire par eux-mêmes leur opinion sur les choses. C’est le signe d’une renaissance démocratique. Je ne m’étonne donc pas que le système ne cesse de minimiser leur action ou de les faire passer pour des cinglés. C’est le lot normal des dissidents dans les systèmes totalitaires.

Ce mouvement ne pourra aboutir que lorsqu’il aura terminé sa révolution copernicienne. Il y a beaucoup de gens qui continuent à croire que les institutions des États-Unis sont démocratiques et que le problème actuel est un incident de parcours imputable à la seule administration Bush. Je pense que c’est malheureusement faux et que nous devons affronter un impérialisme prédateur pour lequel tous les coups sont permis. Le 11-Septembre n’est pas un incident de parcours, c’est la nature même du système poussée à son paroxysme.

Cela dit, je m’interdis de donner des conseils à quiconque, car je ne sais pas ce qu’il en coûterait à chacun de les appliquer. Je m’efforce quant à moi de persévérer et de pousser toujours plus loin l’analyse politique.

ReOpen911 : À la page 51 de L’Effroyable Mensonge de MM. Dasquié et Guisnel, on apprend que ce H.M.-V. que vous remerciez à la fin de votre livre n’est autre qu’Hubert Marty-Vrayance, commissaire à la direction centrale des Renseignements généraux ! D’après les 2 auteurs, il serait le « promoteur déterminé du complot, n’hésitant pas à avancer les éléments les plus irrationnels pour convaincre ses collègues ainsi que l’auteur ». Ce dernier s’en défend. À la page 65, on apprend dans un entretien (4 avril 2002) qu’il dit ne tirer ses informations qu’au travers de la presse… Pouvez-vous nous en dire plus sur M. Hubert Marty-Vrayance, ses idées, son rôle exact dans l’aide qu’il vous a apportée ?

Thierry Meyssan : Hubert Marty-Vrayance était le patron des Renseignements généraux dans la Nièvre. François Mitterrand avait souvent recours à lui pour mener hors hiérarchie des enquêtes sensibles. Il a pris contact avec moi, en 1990, dans le cadre d’une de ces enquêtes. Comme il avait fini par le connaître bien, il a été par la suite chargé par le directeur central Yves Bertrand, de me surveiller. Nous nous rencontrions de temps à autre et discutions afin que ses rapports sur mon activité prennent en compte mon point de vue.

Il se trouve qu’en 2001, il était comme moi et les deux auteurs que vous citez, membre d’une liste de discussion sur Internet consacrée à l’actualité du renseignement. Des centaines de professionnels y participaient, des magistrats, policiers, militaires et journalistes. Nous avons eu sur cette liste des échanges à propos des attentats du 11-Septembre. Il était sur la même ligne que moi. Il se peut que sa conviction se soit appuyée sur des éléments couverts par le secret Défense, d’autant qu’il travaillait alors au Secrétariat général de la Défense nationale, l’organisme rattaché au Premier ministre qui coordonne les services français de renseignement. En tout cas, il n’en a pas fait mention dans ces échanges et s’est borné, dans le respect de son statut, à ne citer que des sources ouvertes (presse et rapports publics).

J’ai utilisé certaines des références qu’il avait mentionnées et j’ai trouvé amusant de remercier en fin d’ouvrage le fonctionnaire chargé de me surveiller. J’ai eu tort, car au même moment les services français ont été traversés par un regain de tension entre atlantistes et gaullistes. Le commissaire Marty-Vrayance, qui jouait un rôle particulier dans plusieurs services à la fois, a été éjecté et érigé en bouc émissaire. Par la suite Nicolas Sarkozy s’est acharné sur lui et, en tant que ministre de l’Intérieur, l’a révoqué par décret de la fonction publique. Il a été accusé à tort de toutes sortes de crimes et incarcéré avant d’être blanchi de ce dont on l’accusait et d’être relaxé. Sur procès-verbal, il a été établi que la personne qui avait témoigné contre lui, avait menti à la demande d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. Cet individu n’a pas été sanctionné.

ReOpen911 : Puisque apparemment vous avez vos entrées dans le monde du renseignement, pourriez-vous dire quelle est la tendance générale qui s’y dessine au sujet de la thèse officielle ? Avez-vous connaissance de politiques ou de journalistes qui, « en off », remettent en cause la version officielle du complot islamiste ?

Thierry Meyssan : On se méprend à propos de mes contacts dans les milieux du renseignement. Il se trouve que j’ai été élevé, adolescent, dans ce milieu. J’ai toujours connu des espions et je me suis toujours senti à l’aise parmi eux. Je connais leurs codes et leur dureté.

Quoi qu’il en soit, vivant désormais hors de la zone OTAN, je n’ai pas pu poursuivre les contacts dont je disposais dans le renseignement français. En revanche, au cours de mes voyages, j’ai eu l’occasion de rencontrer de très nombreux responsables du renseignement dans d’autres pays. Vu le niveau de mes relations politiques, il est normal que les responsables du renseignement en charge du 11-Septembre et de la politique US établissent des contacts avec moi lorsque je me rends dans leur pays.

J’ai observé, au cours des dernières années, que les nouveaux directeurs des principaux services de renseignement des États non alliés à Washington étaient souvent ceux qui avaient été en charge des enquêtes sur le 11-Septembre et qui, par conséquent, étaient les mieux informés sur le fonctionnement de l’empire US. En suivant les nominations dans les bulletins spécialisés, j’ai ainsi reconnu le nom de fonctionnaires qui étaient venu me voir lors de mes voyages et avec qui je suis parfois resté en relation.

ReOpen911 : Depuis des années, des dizaines de satellites scrutent le sol depuis l’espace, 24 heures sur 24. Le temps était dégagé aux USA ce 11 septembre 2001. Logiquement, on devrait avoir des images satellites des détournements… Que savez-vous à ce sujet ?

Disposez-vous d’informations précises que vous puissiez divulguer ?

Thierry Meyssan : Comme vous le savez, plusieurs exercices militaires avaient lieu ce 11-Septembre aux États-Unis, notamment une simulation d’attaque par des bombardiers nucléaires russes via le Canada. Toutes les puissances qui ont des moyens d’observation satellitaires avaient donc positionné leurs matériels pour suivre l’exercice et l’analyser.

Cependant, il ne suffit pas d’avoir des images. Il faut aussi avoir les bonnes questions pour les interpréter. Je pense que la Russie a été l’un des premiers États à reprendre ces images pour vérifier la version bushienne des événements. La plupart n’ont examiné ces images dans ce but qu’après la publication de mon livre.

Les armées s’interdisent de diffuser des images prises par leurs satellites espions de manière à maintenir un flou intimidant sur leurs capacités de surveillance. Avec le temps, cet impératif disparaît. Il y a un moment où il sera possible de les rendre publiques et où ce sera jugé opportun de le faire.

ReOpen911 : L’ancien chef d’état-major russe Leonid Ivashov, participait à la conférence Axis for Peace. D’après vous, comment se porte le mouvement du 11/9 en Russie ? Est-il toléré voire soutenu par les autorités ? Est-il restreint à un groupe de spécialistes (journalistes, experts) ou est-il popularisé dans la société civile par des livres, des magazines ou des reportages télévisés comme c’est le cas au Japon par exemple ? Y a-t-il sur ce sujet plus de liberté en Russie qu’en France ?

Thierry Meyssan : Le général Ivashov était en poste le 11 septembre 2001. Avec son état-major, il observait l’exercice militaire US quand les attentats sont survenus. Sa première préoccupation était d’éviter une méprise, de faire passer le message à son homologue US que la Russie n’était impliquée dans les attentats et que la troisième guerre mondiale n’était pas déclenchée. On sait que le Président Vladimir Poutine n’a cessé de tenter de joindre son homologue ce jour-là, mais que le Président George W. Bush n’a pas répondu à ses appels, comme s’il savait à quoi s’en tenir.

Dans les jours suivants, le général Ivashov a demandé diverses vérifications. Ses services lui ont rapidement indiqué qu’il s’agissait d’un complot intérieur et non extérieur. Le premier point qui les a alertés est l’effondrement des trois tours du World Trade Center. Les experts militaires ont rapidement conclu qu’elles étaient piégées avec des explosifs. Je vous rapporte ici les propos du général.

En Russie, la question du 11-Septembre continue à faire débat. En décembre dernier, alors que je faisais une présentation audiovisuelle devant différents responsables russes, le général Anatoly Koulikov (ancien ministre de l’Intérieur) m’a pris à partie. Il refusait en bloc mon travail, sans argument précis, uniquement parce que la remise en cause du mythe du complot islamique mondial remettait aussi en cause son traitement de la question tchétchène.

Quoi qu’il en soit, notre point de vue est aujourd’hui celui du Président Dmitry Medvedev, du Premier ministre Vladimir Poutine et du directeur du FSB, Alexander Bortnikov.

Ce sujet a été largement abordé dans les médias. J’ai participé à des émissions de radio et de télévision à Moscou dès 2002. Cependant, le souci de maintenir de bonnes relations avec les États-Unis poussait les hommes politiques et journalistes russes à la prudence. Cette retenue n’a plus lieu d’être depuis l’agression états-uno-israélienne contre l’Ossétie du Sud, par Géorgie interposée. On pourra le constater dans les prochaines semaines.

ReOpen911 : L’identification de Mohammed Atta en tant qu’agent de la CIA par la cellule Able Danger est-elle un signe de « complot interne » (inside job) impliquant la cellule des P2OG de Rumsfeld et de William Schneider ?

Thierry Meyssan : Les États-Unis essayent à la fois de nous convaincre qu’ils ont été surpris par les attentats (ce qui explique qu’ils n’ont pas su les empêcher) et qu’ils savaient tout d’al-Qaïda (ce qui confirme rétrospectivement le complot islamique mondial). Ils ne cessent donc de multiplier les informations contradictoires sur ces sujets.

Après le 11-Septembre, Washington a essayé de donner de l’épaisseur à al-Qaïda. Jusque-là, il s’agissait uniquement d’une appellation générique pour désigner des mercenaires musulmans. Les hommes de ben Laden avaient servi sous les ordres de la CIA en Afghanistan contre les Soviétiques. On les avait vu par la suite créer la légion arabe en Bosnie-Herzégovine, puis l’émirat de Tchétchénie. Avec l’aide de l’Allemagne, ils avaient été intégrés à l’état-major de l’OTAN durant la guerre du Kosovo. On les a même vu appuyer les Géorgiens contre les Ossètes. Cependant, après le 11-Septembre, on les a désigné comme des ennemis tout en continuant à les utiliser, mais de manière beaucoup plus structurée. Par exemple, ici au Liban, ils ont vainement tenté de faire jouer la solidarité sunnite et de soulever les réfugiés palestiniens contre le Hezbollah, avant d’être écrasés au camp de Nahr-el-Bared par l’armée libanaise, équipée par la Syrie. Ou encore, ces jours-ci, ils essayent de mobiliser les Ouïghours en multipliant les attentats au Xinjiang chinois. Dans tous ces cas, les branches locales d’al-Qaïda se résument à des mercenaires recrutés dans les milieux intégristes sunnites, formés au Pakistan ou en Jordanie et rémunérés par le prince Bandar d’Arabie saoudite pour le compte de la CIA ou du Pentagone. Peu importe que ces mercenaires croient servir les États-Unis ou les combattre. Qu’ils en soient conscients ou que ce soit à leur insu, leur chaîne de commandement remonte à Washington.

Simultanément, le Comité des Six, présidé par Condoleezza Rice, a ordonné enlèvements et tortures. En 7 ans plus de 80 000 personnes ont été « traitées » dans les prisons secrètes de la CIA et dans les 17 prisons offshore de la Navy. 26 000 sont encore séquestrées.

Ces gens n’ont pas été arrêtés et jugés par des tribunaux judiciaires à l’issue de débats contradictoires. Ils ont été happés par une gigantesque machine à broyer les vies. Les techniques d’interrogatoire déterminées par le Comité des Six n’ont pas pour but d’obtenir des informations. Elles sont fondées sur les recherches du professeur Albert D. Biderman. Leur but est d’inculquer des réponses aux victimes, jusqu’à ce qu’ils s’accusent de crimes qu’ils n’ont pas commis et qu’ils en soient convaincus eux-mêmes. Beaucoup sont réfractaires à ce lavage de cerveau, mais vu le nombre de sujets, on dispose maintenant de quantité d’aveux imaginaires. Des gens qui ont perdu la raison s’accusent de tout et de n’importe quoi et sont prêts à en témoigner. Cependant, on doit recourir à des juridictions d’exception pour les tenir à distance de leurs avocats, car leur propos délirants ne résistent pas à un contre-interrogatoire.

Dans ces conditions, la théorie du complot interne et celle du complot externe se rejoignent. Pour Washington, oser produire des aveux de cette nature, c’est s’accuser soi-même. Paradoxalement, c’est la raison pour laquelle les « grandes âmes » occidentales ne s’indignent pas de ces horreurs. Bernard Henri-Lévy s’est même rendu à Guantanamo pour jouer le témoin de moralité des tortionnaires et en a fait un livre abject. S’ils dénonçaient cette machine, ils devraient reconnaître qu’elle a été créée pour poursuivre l’imposture du 11-Septembre.

ReOpen911 : Pensez-vous que le néo-conservatisme occidental a les moyens d’atteindre ses objectifs d’hégémonie globale sur le reste du monde ? Dans ce contexte, pensez-vous que dans la stratégie de remodelage du grand Moyen-Orient « l’étape iranienne » puisse être franchie avant les prochaines élections présidentielle US ?

Thierry Meyssan : L’empire a surdéployé ses troupes et négligé son économie intérieure. C’est un colosse aux pieds d’argile qui peut s’effondrer en quelques années et disparaître, comme l’Union soviétique l’a fait.

Les États-Unis sont un prédateur qui a besoin de guerre pour se nourrir. Mais, ils n’ont plus les moyens de confrontations d’envergure. Ils ne peuvent plus se permettre d’attaquer l’Iran et ils ont laissé tomber la Géorgie.

Comme je l’ai expliqué dès la fin 2007, le tandem Bush-Cheney a perdu la main. Les forces armées des États-Unis obéissent désormais à un groupe d’officiers supérieurs réunis autour du secrétaire à la Défense Robert Gates. Ces mutins ont parfaitement conscience que l’attaque de l’Iran serait l’aventure de trop. Ils s’y sont opposés et ils s’y opposeront.

Le projet de remodelage du Grand Moyen-Orient était de toute manière voué à l’échec depuis la défaite israélienne au Liban, comme je l’ai expliqué dans L’Effroyable Imposture 2.

ReOpen911 : Vous avez quitté la France en affirmant que votre sécurité n’était plus assurée ; peut-on en conclure que sous la présidence de M. Chirac vous aviez bénéficié d’une protection que le nouveau Président n’a pas souhaité maintenir ?

Thierry Meyssan : Correct.

ReOpen911 : Votre sécurité est-elle bien assurée aujourd’hui ? Quelle est aujourd’hui votre liberté de mouvement ?

Thierry Meyssan : Je fais attention à ne pas entrer dans la zone OTAN et à ne pas prendre de compagnies d’aviation de pays de l’OTAN. Washington surveille néanmoins mes allées et venues et me le rappelle quand cela est possible. Par exemple, il y a quelques mois, j’ai été brièvement interpellé par la police à Vienne, alors que l’Autriche est un État neutre, afin de relever sur mon passeport l’ensemble de mes visas et les dates de mes déplacements.

Le risque est permanent. En décembre, la police vénézuélienne m’a évacué en force lors d’une conférence dans un ministère pour éviter qu’il ne m’arrive malheur. Je ne vous en dirai pas plus : pour être efficaces, les mesures de sécurité ne doivent pas être discutées en public.

ReOpen911 : Comment expliquez-vous que les champions français de la défense des droits de l’homme, toujours prêts à voler au secours d’un Redeker ou d’un Sifaoui, ne se soient jamais prononcés sur votre départ forcé, et pourquoi avoir préféré partir plutôt que de médiatiser les menaces qui pèsent sur vous ?

Thierry Meyssan : Les gens auxquels vous faites allusion ne défendent pas les droits de l’homme. Ils instrumentalisent cet idéal pour défendre la puissance dominante. Je n’attends rien d’eux.

Normalement, j’aurais dû à la fois porter plainte pour menaces de mort proférées par des fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions et ameuter les médias. Mais ces fonctionnaires se considèrent en service commandé et les médias ne cessent de me traiter de paranoïaque. J’ai pris la décision de m’exiler en pensant avoir du temps devant moi. J’ai commencé à boucler mes affaires sans me presser. Puis j’ai compris que cela devenait dangereux. J’ai appelé mes amis à l’aide. Les premiers à m’avoir répondu sont des Syriens. J’ai fait mes bagages et je suis parti à Damas. En définitive, je viens de me fixer à Beyrouth.

ReOpen911 : Votre article explosif de juillet 2008 dans lequel vous revisitez la fabrication de M. Sarkozy par les services US est une attaque frontale violente. Une démonstration implacable de qui gouverne la France ! Faut-il comprendre que vous livrez à M. Sarkozy un combat à mort, et que votre retour d’exil est impossible tant qu’il sera au pouvoir ?

Thierry Meyssan : Mon retour ne sera pas possible tant que la France sera aux mains de traîtres.

ReOpen911 : Le CSIS (Center for Strategic and International Studies) de Ray Clyne (ancien patron de Christine Lagarde, actuelle ministre de l’Économie) est-il un outil d’entrisme et d’ingérence dans la souveraineté de la France ? Le traité européen dit simplifié (ou encore « mini traité ») a-t-il pour but de détruire les institutions françaises et de lui ôter sa capacité de vote au Conseil de sécurité de l’ONU ?

Thierry Meyssan : Le CSIS est un think-tank états-uno-saoudien, lié à la famille Bush. Nous lui devons Christine Lagarde qui fait aujourd’hui rédiger les notes de ses collaborateurs à Bercy en anglais et coupe les ailes de l’industrie française.

Le maxi traité européen présenté par Nicolas Sarkozy visait en premier lieu à poursuivre la transformation de l’Union européenne en une zone de libre échange toujours plus vaste, tout en la diluant politiquement. Puis, à rendre ses institutions compatibles avec celles de l’Accord de libre-échange nord-américain, [l’ALENA], en vue d’une fusion ultérieure au sein d’un vaste marché transatlantique, politiquement dominé par Washington.

Même si ce projet est pour le moment interrompu, des institutions transatlantiques fonctionnent déjà, hors traité. Ainsi en est-il des centaines d’enlèvements perpétrés par la CIA dans l’Union européenne au cours des dernières années avec l’assentiment du Conseil européen et parfois la complicité active des gouvernements européens. Washington ordonne, les gouvernements européens obéissent au mépris de leurs lois nationales. La France de Chirac a résisté à cet asservissement, aucun cas d’enlèvement n’est connu durant ses mandats. Il n’en est pas de même avec la France de Sarkozy : voyez l’enlèvement en plein Paris de Mohammed As-Siddik2 en mars dernier, sans aucune réaction du gouvernement français. De même, l’Assemblée transatlantique, qui n’a aucune base juridique, a commencé ses travaux. À titre expérimental des députés délégués par le Parlement européen ont siégé l’an dernier avec des membres du Congrès états-unien dans une assemblée d’opérette.

Comprenez bien : depuis le rapport Wolfowitz de 1991, les États-Unis considèrent comme une priorité d’empêcher l’Union européenne d’entrer en compétition avec eux. Ils acceptent qu’elle soit un géant économique, mais veulent la tailler comme un bonzaï et en faire un nain politique.

ReOpen911 : Pensez-vous que la sortie des USA du traité ABM, juste après le 11-Septembre soit une coïncidence ou peut-il s’agir d’un des objectifs des attentats ? Cette obsession flagrante est visible dans le PNAC et perdure depuis la création de l’IDS de Reagan. Delmart Vreeland en parle lors d’un entretien avec Mike Ruppert, mais sans connaître la portée stratégique du bouclier anti-missiles. Cette initiative stratégique de défense est-elle constitutive d’un retour de la guerre froide et présage-t-elle d’un futur affrontement USA-Europe contre Russie-Chine ?

Thierry Meyssan : Bien sûr, la sortie du traité ABM se situe dans le projet du PNAC et dans la logique des attentats du 11-Septembre. Ceux-ci ont d’ailleurs été évoqués pour rompre unilatéralement le traité.

Bien que MM. McCain et Obama soient partisans d’un affrontement avec la Russie, je ne pense pas que les États-Unis en aient les moyens. Comme on vient de l’observer dans le Caucase, ils ont sous-estimé leur compétiteur.

Washington pensait que malgré le redressement économique russe, Moscou n’avait pas retrouvé les moyens de sa puissance. Certes ses troupes spatiales et aériennes sont remarquables, mais sa marine est faible et son armée de Terre ne s’est pas relevée de l’effondrement de l’URSS, assurait-on. La Géorgie n’étant pas membre de l’OTAN, Washington a sous-traité son encadrement militaire à Israël. Un Israélien a été nommé par le Président Saakashvili, ministre de la Défense. Il a équipé l’armée géorgienne d’armes israéliennes et des sociétés israéliennes sont venues dispenser une formation aux militaires géorgiens. Il y a deux semaines, les Israéliens se sont retirés de manière à pouvoir nier toute responsabilité dans l’attaque, à défaut de pouvoir la nier dans sa préparation. Moscou a informé Washington des préparatifs géorgiens et a demandé à l’administration Bush de retenir ses alliés. Mais la Maison-Blanche, sûre de son coup, a donné un feu vert à Saakashvili. Les troupes géorgiennes, appuyées par 2 500 mercenaires, ont attaqué l’Ossétie du Sud et massacré 1 600 personnes. Les Russes, qui se tenaient prêts, sont immédiatement venus rétablir l’ordre en vertu des accords internationaux. Ils ont pris le contrôle de la totalité du pays en quelques heures, s’abstenant de prendre Tbilissi pour ne pas donner l’impression d’annexer le pays. C’est une nouvelle défaite militaire pour les conseillers israéliens (il s’agit des généraux qui ont perdu la guerre de 2006 contre le Liban) et une première défaite politique pour les États-Unis. Le vent est en train de tourner.

L’extension de l’OTAN à l’Est est une menace pour la paix. Cette organisation aurait dû être dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie. Bush père en avait pris l’engagement auprès de Mikhaïl Gorbatchev. C’est sa conseillère de l’époque, Condoleezza Rice qui a manigancé ce marché de dupes. Elle a organisé la réunification allemande de sorte que l’Allemagne de l’Est est entrée dans l’OTAN sans avoir à le dire. Puis, elle a orchestré le glissement à l’Est.

Les États-Unis n’ont pas cessé d’attaquer la Russie depuis la fin de l’Union soviétique. Ils ont cherché à la démanteler à son tour en créant l’émirat de Tchétchénie (qui a servi de modèle à celui des Talibans en Afghanistan), ils ont organisé son pillage économique par des oligarques, ils l’ont encerclée via l’OTAN, ils la menacent avec des missiles offensifs joliment nommés « bouclier » par leur propagande, ils détournent les voies d’acheminement des hydrocarbures pour qu’elles s’éloignent du territoire russe, etc. À n’en pas douter, l’amputation de la Serbie et la création artificielle d’un Kosovo sous tutelle de l’Union européenne auront été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cela aura montré que la guerre de l’OTAN au Kosovo était bien une guerre de conquête, et que les Européens comme les États-uniens et Israël se moquent du droit international et de la souveraineté des peuples.

ReOpen911 : M. Meyssan, merci pour ces réponses. Désirez-vous apporter des précisions ou aborder un dernier point en conclusion ?

Thierry Meyssan : Je suis heureux de cet échange et vous invite à le renouveler si vous continuez à vous interroger sur les prises de position que m’attribuent les médias. Je serai heureux de les préciser, de les expliquer et de lever de possibles malentendus.

Nous sommes peu nombreux à nous battre pour la vérité. Nous devons veiller à ce que la propagande de l’empire du mensonge ne nous divise pas. Au-delà de cette impératif stratégique, j’attache d’autant plus d’importance à votre opinion que j’ai de l’admiration pour votre action.




 

Notes de ReOpen911 :

1 Nous ne rappellerons ici, faute de place, qu’un seul des cas les plus frappants de mauvais procès fait à l’auteur ; cela concerne le fait que deux employés de la société israélienne Odigo (basée à New York et ayant des bureaux à Herzliya, près de Tel Aviv) ont reçu, le 11 Septembre, un message électronique les informant d’attentats au WTC près de 2 heures à l’avance. M. Meyssan utilise des informations diffusées à la fois dans les quotidiens 1 Nous ne rappellerons ici, faute de place, qu’un seul des cas les plus frappants de mauvais procès fait à l’auteur ; cela concerne le fait que deux employés de la société israélienne Odigo (basée à New York et ayant des bureaux à Herzliya, près de Tel Aviv) ont reçu, le 11 Septembre, un message électronique les informant d’attentats au WTC près de 2 heures à l’avance. M. Meyssan utilise des informations diffusées à la fois dans les quotidiens Ha’aretz, Newsbytes, Washington Post, Jerusalem Post et sur CNN.  Or M. Meyssan n’a jamais repris à son compte la rumeur selon laquelle les juifs ont été prévenus à l’avance et ne se sont pas rendu à leur bureau ce jour-là. Bien au contraire, il s’en démarque et l’explique en écrivant (note 10 page 198 de la nouvelle édition, ou page 37 de l’édition originale) : Cette information a été diffusée de manière déformée par un commentateur d’al-Jazira qui a essayé de l’utiliser pour accréditer que les attentats auraient été perpétrés par le Mossad et que celui-ci aurait préalablement averti les employés juifs du WTC. La chaîne qatarie a immédiatement licencié le journaliste affabulateur.

2 Lire l’article « Kouchner a "perdu" le témoin-clé de l’enquête Hariri », 2 Lire l’article « Kouchner a "perdu" le témoin-clé de l’enquête Hariri », sur le site du Réseau Voltaire ou ici dans l’attente du retour en ligne du Réseau Voltaire, qui connait actuellement, purement et simplement, des problèmes techniques.

Par olivier
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Vendredi 1 août 2008


Suite des intervew d'Ardisson avec Michel Peyrard et Dasquié
L’entrevue de Michel Peyrard, grand reporter à Paris Match,
au sujet de son livre Poste n°3. Hôte des taliban*
dans l’émission « Tout le monde en parle » de Thierry Ardisson
sur France 2, de la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars 2002

http://netlibre.iitalia.com/francais/fr … rard01.htm
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La réponse à Thierry Messan :
l’entrevue de Guillaume Dasquié au sujet de son livre
écrit en collaboration avec Jean Guisnel
L’effroyable mensonge, thèse et foutaises
sur les attentats du 11 septembre
dans l’émission « Tout le monde en parle »
de Thierry Ardisson sur France 2,
de la nuit du 2002 juin samedi 8 au dimanche 9

http://209.85.135.104/search?q=cache:rZ … &gl=fr

Par olivier
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Lundi 23 juin 2008

Vu sur le site : http://www.voltairenet.org/article157404.html

par Arno Mansouri

La qualité première d’un journaliste devrait être la curiosité, mais lorsque les médias se mettent au service d’une vérité officielle, le journaliste se barde de certitudes et devient aveugle et sourd. L’éditeur Arno Mansouri a rencontré un célèbre journaliste de l’AFP qui a couvert à New York les attentats du septembre 2001 : pour justifier la version bushienne des événements, il est prêt à des contorsions que l’administration Bush elle-même s’interdit.

À l’occasion de l’exposition temporaire [1] du Mémorial de Caen sur les attentats du 11 Septembre, fut projeté le « documentaire de fiction » ( !) Vol 93 de Paul Greengrass au Café des images d’Hérouville Saint Clair, en présence d’un journaliste de l’AFP, qui fit part à l’assistance de son expérience personnelle des attentats à New York et de sa stupéfiante façon de travailler sur un événement aussi extraordinaire… en toute ingénuité ! Voici quelques morceaux choisis de choses entendues lors de cette soirée…

Jeudi 5 juin, j’ai eu l’occasion de rencontrer M. Michel Moutot, qui s’était déplacé à Caen, à l’invitation du Mémorial de Caen, pour intervenir et expliquer par exemple dans quelles conditions il avait travaillé pour l’Agence France Presse sur la couverture d’un événement d’une importance aussi considérable que les attentats du 11 Septembre. Il était en effet en poste au bureau de l’AFP de New York, avec 5 autres confrères.

M. Michel Moutot n’est pas n’importe qui : journaliste à l’AFP depuis 1985, il appartient à la crème de la profession et fut lauréat du Prix Albert Londres en 1999 pour une série de reportages sur le Kosovo.

En me documentant sur le personnage via Internet, j’ai trouvé cette perle que je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager. Interviewant la chercheuse norvégienne Anne Stenersen, qui apparemment s’exprime en anglais, il cite ainsi les propos de cette dernière au sujet des apprentis terroristes qui cherchent sur Internet des informations pour fabriquer leurs bombes : « C’est au mieux très basique (...) [le site] explique aussi comment faire une bombe avec du radium et des termites... » Mamma mia ! Notre éminence journalistique n’a semble-t-il jamais entendu parlé de la thermite, cette substance extrêmement exothermique, mélange d’aluminium et d’oxyde de fer qui permet entre autres de faire fondre instantanément de l’acier. C’est vertigineux, car il ne se demande pas une seconde comment l’ajout d’insectes xylophages (sic, fruit de sa mauvaise compréhension d’un terme technique) pourrait rendre un engin explosif plus dangereux !

Je sais, on dirait un canular, mais jugez par vous-mêmes ; l’article au titre douteux « "La bombe atomique dans votre cuisine" : l’apocalypse sur le net » est en ligne ici. Il a été commis par M. Moutot et publié le mardi 11 septembre 2007, pour le 6e anniversaire des attentats.

Cette première anecdote comique (et celles bien moins réjouissantes qui suivent plus bas) illustrent parfaitement la situation impossible à laquelle je suis confronté et dois faire face en tant qu’éditeur de livres extraordinairement documentés sur le sujet du terrorisme en général et du 11 Septembre en particulier. Dans la collection Résistances, j’ai sélectionné ce que je considère être les 10 meilleurs ouvrages traitant du sujet ; il s’agit du travail de personnalités exemplaires pour leur courage, leur rigueur, le sérieux et la qualité de leurs recherches et réflexions à partir d’éléments factuels, authentifiés, documentés… Ces auteurs sont des journalistes (Meyssan, Wisnewski, Thorn) ou des universitaires, (David Ray Griffin, Webster G. Tarpley, Francis A. Boyle, Nafeez M. Ahmed et Daniele Ganser) pour la plupart de renommée internationale.

Leurs travaux sont préfacés par un ancien ministre (M. Meacher pour la seconde édition du Nouveau Pearl Harbor de D.R. Griffin) ou le chef de l’état-major des armées russes (M. Leonid Ivashov pour la réédition de L’Effroyable Imposture de M. Meyssan) ; parmi les gens qui les ont appuyés, on trouve pêle-mêle des intellectuels de la trempe d’Howard Zinn, Noam Chomsky, Peter Dale Scott, Richard Falk (Note à l’attention de M. Moutot et de ses confrères journalistes : il ne s’agit PAS de l’acteur qui joue Columbo), Michel Chossudovsky, mais encore bien d’autres professeurs et universitaires, des hommes politiques, des militaires à la retraite, des anciens des services de renseignement et même quelques journalistes.

Jeudi dernier, M. Moutot levait les yeux au ciel, soupirait, haussait les épaules et souriait narquoisement, fort de son évidente supériorité intellectuelle face à quelques personnes pourtant bien mieux informées que lui sur le sujet : pour paraphraser Fernand Reynaud, « ce n’est pas un imbécile, c’est un journaliste » ! Il n’a cependant fait qu’étaler sa plus totale méconnaissance du dossier. En cela, il est malheureusement pas une exception, mais plutôt un révélateur de cet état de fait dans la profession journalistique. Voici quelques exemples :

- Interrogé sur la structure des Tours Jumelles, il a commencé par affirmer qu’elles étaient construites comme des « tubes creux », dont seules les colonnes périphériques assuraient l’intégrité. Cela est faux : les 236 colonnes des façades ne se substituaient nullement aux 47 volumineuses colonnes supports du cœur du bâtiment mais venaient les renforcer, en permettant la mise en place de très vastes superficies de bureaux, plus lucratives. Confronté à cette contradiction, il s’est raccroché au fait que « le cœur du bâtiment ne contenait pas de béton » : c’est certain, mais tous les immeubles de grande hauteur ne sont pas construits de manière similaire à la tour Montparnasse, et il est important de savoir précisément comment étaient construits les trois bâtiments qui se sont effondrés le 11/9. À ce propos, voici le plan d’un étage et deux photos du chantier de construction.

 

 

 






















































Je lui avais au demeurant envoyé deux de ces éléments par courriel suite à une discussion que nous avions eue par téléphone lorsqu’il m’avait demandé un exemplaire du livre de M. Ahmed,
La Guerre contre la vérité. Car déjà à l’époque, il avait soutenu que les tours étaient des « tubes creux ». J’y avais joint un exemplaire du Procès du 11 Septembre (de Thorn & Griffin) qu’il n’a sans doute pas pris le temps de lire…

- Interrogé sur les raisons de l’effondrement du bâtiment WTC7, dont il connaît par ailleurs l’existence (contrairement à une grande majorité de nos concitoyens), il affirme sans rire que « cela n’a rien de surprenant… Que ce qui est surprenant au contraire, c’est qu’aucun autre bâtiment environnant ne se soit effondré ». Que cet effondrement total, vertical et à la vitesse de la chute libre « tient au fait que la structure avait été dévastée par un incendie de près de 7 heures ». J’invite M. Moutot (ainsi que les autres journalistes qui m’ont tenu des propos similaires, car à sa décharge il est loin d’être le seul à penser ainsi) à se rapprocher au plus vite des 300 experts du NIST qui peinent à rendre le rapport définitif sur les causes de l’effondrement du WTC7. Je rappelle en effet pour mémoire que ce rapport n’a toujours pas été publié : le NIST en remet la parution d’année en année et il est maintenant prévu qu’il soit rendu public en août 2008. Voir ici, la traduction en français de l’article du 6 juin paru dans le Financial Times. Pour résumer : n’en déplaise à nos journalistes hexagonaux, à ce jour, AUCUNE explication officielle n’existe sur les raisons de l’effondrement structurel du WTC 7 ; je répète : a-u-c-u-n-e. Et celles mises officiellement en avant pour expliquer les effondrements des Tours Jumelles ne sont pas satisfaisantes au regard de la physique. Il est tout simplement extraordinaire de suffisance que certains journalistes présentent leurs allégations personnelles comme des faits avérés, lorsque les experts sèchent depuis plus de 6 ans sur ce problème !

- Au passage, je regrette qu’une personne membre de l’association ReOpen911 présent à la séance, (un expert travaillant pour une société de certification française mondialement connue), ne lui ait pas expliqué que les cuves de diesel servant aux générateurs électriques devaient être protégées par un système anti-incendie … et que le diesel ne brûle pas ! (Seules les émanations gazeuses du gasoil sont combustibles, sous pression, pas le liquide lui-même).

- M. Moutot pousse l’argumentaire jusqu’à dire que le WTC7, à l’instar d’autres gratte-ciel new-yorkais, n’était pas « construit pour durer ». Voilà un scoop : le bâtiment 7 ayant été inauguré en 1987, il n’avait que 14 années d’existence lorsqu’il s’effondra… et il avait été choisi par le cabinet du maire de New York pour abriter le poste de commandement des situations de crises : il est donc peu probable que le maire ait choisi un bâtiment insalubre pour y établir son bunker. L’immeuble était quasiment neuf !

- Sortant de New York, M. Moutot nous a fait la démonstration que sa méconnaissance des attentats du 11/9 s’étendaient à presque tous les domaines : sur les procédures en vigueur pour intercepter un avion détourné par exemple. Ou sur les images vidéos des pirates de l’air du vol AA11, dont il a affirmé à 3 reprises, et avec certitude, qu’elles provenaient des caméras de sécurité de l’aéroport de Boston. Non, M. Moutot, elles ne proviennent pas de Boston Logan, d’où a décollé le vol AA11, mais uniquement de la salle d’embarquement de Portland. Ceci n’est pas anecdotique : ces images ont effectivement été présentées de manière à ce que le grand public pense qu’elles montrent les pirates de l’air embarquant dans l’avion détourné, mais elles montrent les pirates montant dans l’avion qui les emmène à Boston. L’aéroport de Boston ne disposait PAS de caméras de sécurité.

On pourrait continuer longuement sans doute la liste des erreurs ou des contrevérités que ce journaliste (qui se pense bien informé) considère comme avérées et ne nécessitant donc pas d’être remises en cause.

Mais il me semble intéressant de vous faire part de la manière dont M. Moutot nous a dit avoir travaillé à la couverture des attentats. Je rappelle qu’il travaillait alors au desk de l’AFP à New York. Ce matin-là, il prend connaissance d’un incendie dans l’une des tours du WTC par l’intermédiaire de la chaîne d’information en continu new-yorkaise NY1. Très vite, CNN montre les images en direct et M. Moutot va tout simplement écrire ses premières dépêches en regardant la chaîne de télévision US. Voilà qui réjouira sans doute nos décideurs politiques que de savoir que l’AFP (première agence de presse francophone dans le monde et l’une des 3 grandes agences de presse avec Reuters et Associated Press) s’informe et se nourrit de programmes télés états-uniens… M. Moutot explique en effet qu’« Ils ont plus de moyens que nous et filment tout, il est donc plus efficace de regarder la télé que d’aller sur le terrain ». Décidément très en verve ce soir-là, il a poussé l’indiscrétion jusqu’à confier qu’« ensuite, pendant près de 6 semaines, j’ai quasiment écrit le même article », à savoir que les espoirs de retrouver des survivants étaient minces, s’amenuisaient, devenaient improbables, étaient nuls… Sa franchise l’honore, mais son travail (tel que décrit par lui) me semble d’un intérêt excessivement limité, face aux enjeux soulevés par les attentats du 11/9. On reste en effet dans l’émotionnel et on s’y complait, 6 semaines durant ; M. Moutot travaillait alors pour l’AFP, pas Gala ni Paris-Match : on était en droit de s’attendre à des articles de fond plus substantiels.

Je n’ai appris la présence de M. Moutot à Caen qu’une fois sur place, sans quoi j’aurai pris avec moi ce fil de l’AFP qui indique « URGENT : Un avion détourné se dirige vers le Pentagone. » (AFP, 10h51 – 10h54 – 11h02) et lui aurai demandé comment une telle brève pouvait avoir été écrite, et diffusée par 3 fois et ce qu’il fallait en penser. Mais le pauvre homme avait déjà fait preuve d’une telle méconnaissance des événements qu’ajouter à sa peine à ce moment précis eut été cruel. Ceci étant, 5 jours après cette rencontre, estimant que la question mérite d’être adressée, je la lui pose, ainsi que d’une manière générale à toute l’équipe du bureau de l’AFP à Washington : comment peut-on savoir qu’un avion détourné, qui a disparu des écrans radars « se dirige vers le Pentagone » ? Et une question supplémentaire : si l’AFP savait (grâce à un « responsable du FBI ») que le vol UA93 se dirigeait vers le Pentagone, est-il envisageable que les militaires du Pentagone eux-mêmes l’ignoraient ? Les lecteurs de L’Effroyable Imposture savent aussi que l’AFP avait relayé plusieurs fois l’information selon laquelle deux (2) explosions avaient été entendues au Pentagone : comme eux, j’aimerais savoir pourquoi la version officielle de l’attentat contre le ministère de la Défense US a évacué les témoignages sur ces 2 explosions distinctes et n’a retenu que l’invraisemblable crash d’un Boeing 757.

Enfin, même sur des faits qui ne sauraient plus offrir un sujet de polémique, comme le scandale sanitaire relaté dans le livre Les Héros Sacrifiés du World Trade Centre par sa consoeur Jacqueline Maurette, M. Moutot ne semble pas mieux informé. C’est un fait que les personnes ayant été exposées aux émanations toxiques de la « pile » (la montagne des décombres du WTC) payeront un lourd tribu pour leur héroïsme. C’est un fait que Mme Christine Todd Whitman, la directrice de l’EPA (l’agence pour la protection de l’environnement) a menti en affirmant que « l’eau et l’air de New York sont sains ». Ce mensonge aura pour conséquence un nombre de victimes plus important que celui des attentats ce jour si funeste du 11 septembre 2001. C’est un fait encore que les « Truthers » (que M. Moutot appelle de façon méprisante « les tenants de la théorie du complot » sans même être conscient qu’il est lui-même un adepte de la théorie officielle du complot islamiste d’al-Qaida véhiculée par tous les médias de masse !) furent les premiers en septembre 2004 à tirer la sonnette d’alarme sur ce scandaleux et criminel mensonge de l’administration Bush. (Voir le débat au début du DVD Confronting the Evidence).

Il est notable les spectateurs présents à cette soirée se sentaient mal à l’aise face à une telle incompétence. Et lorsque l’on voit sa méconnaissance de toutes ces questions, il semble tout à fait légitime de douter des analyses de M. Moutot, lorsqu’il nous dit, par exemple : « Étant un spécialiste du terrorisme islamiste, aussitôt que j’ai compris qu’il s’agissait d’un attentat, j’ai été sûr qu’il s’agissait d’Oussama ben Laden et d’al-Qaida ». Pour en savoir plus sur la « nébuleuse » terroriste, je pense qu’il devrait suivre l’exemple de M. Jean-Pierre Chevènement et lire Comment le Djihad est arrivé en Europe du journaliste allemand Jurgen Elsässer ; j’ai peine à croire qu’il ait réellement lu La Guerre contre la vérité, dont le grand écrivain Gore Vidal dit : « À ce jour, l’ouvrage le plus objectif sur les circonstances et les raisons de l’attaque lancée contre l’Amérique le 11 Septembre 2001 est sans conteste celui de Nafeez Mosaddeq Ahmed – et c’est le meilleur... »

J’invite les responsables du Mémorial de Caen à choisir à l’avenir des personnes mieux informées pour venir parler au public du sujet de leur longue exposition temporaire : il en va de la crédibilité de leur prestigieux lieu de mémoire et de paix.

Par olivier
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Vendredi 6 juin 2008
Par olivier
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Mercredi 28 mai 2008

PROJECTION EXCEPTIONNELLE  organisée par l'Association ReOpen911.info,
Vendredi 6 Juin 2008 à 20h30
ZERO, Enquête sur le 11 Septembre 2001
Au Centre des Congrès de Caen

http://www.reopen911.info/



Avec l'Eurodéputé italien Giulietto Chiesa
Le Mémorial de Caen a décidé de produire une exposition temporaire de 6 mois sur les attentats du 11 septembre 2001. L'association ReOpen911 serait la première à saluer l'esprit de cette initiative (la plus grande en dehors des Etats-Unis), si des signes forts ne semblaient malheureusement indiquer une volonté de s'approprier l'histoire à des fins politiques. Elle déplore notamment en premier lieu que l'exposition se tienne en l'absence des familles de victimes (ou des héros) qui se sont battus et continuent à se battre pour faire la lumière sur ces attentats qui ont tué près de 3 000 personnes avant d'être instrumentalisés par l'administration Bush pour justifier des guerres encore plus meurtrières,  immorale en Afghanistan et illégale en Irak, le recours à l'emprisonnement, à la torture (y compris souvent de personnes innocentes) et la mise en place de nouvelles législations liberticides.
Le choix de Vol 93, un film de fiction se présentant comme un documentaire (ou docu-fiction) pour ouvrir l'exposition "hors les murs", comme l'absence de tout livre ou film présentant des questionnements sur le récit officiel des attentats dans la librairie du Mémorial, nous troublent et nous alertent au plus haut point. Nous redoutons donc que cette exposition se place dans la logique d'un rapprochement diplomatique et surtout militaire entre la France et les Etats-Unis, à travers l'OTAN et la «guerre contre le terrorisme», lancée après les attentats du 11 Septembre.
Les critiques de la version officielle, bien que peu relayées par les médias de masse (sauf en Suisse ou en Norvège par exemple), émanent de façon de plus en plus pressante aussi bien de politiques (comme au Japon, en Angleterre ou en Italie, pour ne parler que de pays alliés des Etats-Unis) que de scientifiques et de simples citoyens.
De plus, s'est mis en place un mouvement international pacifique, initié par les familles des victimes, appelant à l'ouverture d'un débat de fond sur ce qui s'est réellement passé le 11 septembre 2001 et surtout, à la mise en place d'une commission d'enquête indépendante.
Ces citoyens s'appuient sur le travail de journalistes, d'universitaires et de scientifiques réputés. Ils s'appuient aussi sur de nombreux films et livres de qualité, qui critiquent la version officielle du 11 Septembre reprise sans aucun discernement par l'ensemble des médias et des politiques, en mettant en avant des faits, des témoignages et des études.
 
Ce mouvement est fondamentalement pacifiste et refuse l'utilisation faite par l'administration Bush de cette tragédie, d'autant plus que les faits comme les lois de la physique s'opposent à la version officielle. Le terrorisme d'Etat et le terrorisme sous faux pavillon (false flag operation) étant des réalités historiques (voir par exemple l'incendie du Reichstag, l'opération Northwoods ou encore le réseau Gladio dans l'Italie des années 1960 et 70), il y a donc trois théories possibles pour le 11 Septembre :
    - La version officielle ou théorie du complot islamiste : ben Laden et ses 19 pirates de l'air ont pris tout le monde par surprise et ainsi réussi à déjouer les défenses américaines pendant les nombreux mois qu'implique la préparation d'une telle opération.
    - La théorie du laisser faire :  l'Administration Bush, au courant d'un complot islamiste, l'a laissé se produire dans le but d'utiliser la peur et le choc psychologique afin de justifier des guerres au Moyen-Orient.
    - La théorie du déclenchement délibéré: c'est l'implication de certains membres de l'administration Bush et/ou des services secrets américains (et/ou de l'armée) qui ont organisé/supervisé ces attentats et en ont accusé ben Laden et al-Qaida dans le but de manipuler le peuple américain (et au-delà les Occidentaux) pour débuter la "guerre sans fin contre le terrorisme".
C'est pourquoi, l'association ReOpen911 a décidé d'ouvrir le débat sur le 11 Septembre et ses conséquences en organisant la projection du film ZERO, Enquête sur le 11 septembre co-réalisé et co-produit par l'eurodéputé italien Giulietto Chiesa. Ce film est le fruit d'un travail collectif qui a réuni un actionnariat populaire croissant avec le bouche-à-oreille (alimenté par Internet et de nombreux débats publics) et a permis, en mettant en place une équipe nombreuse (10 chercheurs et 3 équipes travaillant entre l'Italie, l'Europe et les États-Unis), de réaliser plus de 100 heures d'interviews inédites et de gérer une post-production qui a duré 8 mois.
Nous invitons tous les habitants de Caen et des environs à venir participer à cette projection-débat le vendredi 6 juin 2008 à 20h00, au Centre des congrès de Caen (13 Avenue Albert Sorel – 14000 Caen).

Par olivier
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Samedi 5 avril 2008

Affaire Cotillard en background,complots et 11 Septembre.

Une violente collision dans « Le Monde » entre un philosophe et « la théorie du complot » fait une victime : le doute méthodique.

A-t-on jamais vu un philosophe « jeter le bébé avec l’eau du bain » ? Oui, l’accident vient d’arriver à Robert Redeker, qui allègue sa qualité de philosophe pour signer un article vengeur paru dans Le Monde du 30 mars 2008, intitulé « Marion Cotillard et les complots » (1).

On sait que, tout auréolée de la gloire d’un Oscar hollywoodien pour son interprétation d’Édith Piaf dans le film La Môme, l’actrice s’est crue autorisée dans une récente interview à livrer sa représentation du monde qui fait la part belle à « la théorie du complot » : ainsi a-t-elle fait part de ses doutes sur la version officielle des attentats du 11-Septembre 2001.

Le coup de sang du philosophe

Il n’en a pas fallu plus pour que, perdant toute mesure, notre philosophe R. Redeker, en vienne à tout mélanger en fulminant des diagnostics psychiatriques. C’est à la mode en ce moment face à l’opposant ! Il y dénonce tout à la fois :

1- « une vision délirante » dans la prétention à croire à « une manipulation occulte » de la réalité ;

2- il y voit même « un usage dément du principe du doute » qui interdit de « croire ce qui nous est dit » ;

3- emporté dans son élan, il y débusque même « la logique négationniste » - pas moins - selon laquelle «  toute vérité officielle, fût-elle inscrite dans les livres d’histoire, n’est que mensonge » ;

4- et de fil en aiguille ou, plutôt, de glissades en galipettes, il en arrive à estimer qu’on est en présence d’une « storytelling » - le mot non traduit est aussi à la mode - dont « la matrice », sans rire, serait « les Protocoles des sages de Sion  », ce libellé antisémite de la fin du XIXe siècle prétendant faire croire à un projet de domination du monde par les Juifs. Pas moins !

Qu’il soit choqué par le succès en librairie des élucubrations du Da Vinci Code sur le prétendu complot de l’Église catholique pour cacher la vérité au sujet de la descendance de Jésus dont le sang coulerait aujourd’hui dans les veines d’une jeune femme, rien de plus normal ! Qu’il soit agacé par les hypothèses qui contredisent la version officielle des attentats du 11-Septembre 2001, passe encore ! Mais qu’il en vienne à jeter par-dessus bord la démarche philosophique par excellence qu’est le doute méthodique surtout face à la représentation de la réalité que livrent les pouvoirs de tous poils, voilà qui sidère ! Quant à amalgamer ce doute méthodique, condition préalable d’une représentation fidèle de la réalité, au négationnisme et aux aventures criminelles antisémites, on a beau être philosophe, on marche sur la tête ou on la perd.

Le secret, cette information vitale protégée

Il est étonnant que R. Redeker ignore le principe fondamental de la relation d’information, que l’on détienne un pouvoir ou non : nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire. Qui peut contredire ? « Si les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, renchérit Pascal, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde. » Or, si on admet ce postulat, le doute méthodique s’impose avant de croire qui que ce soit. Sans doute, la connaissance que l’on a de son interlocuteur fera qu’on le croira volontiers ou non. Mais, même si, par une information fiable régulièrement transmise, il jouit d’un grand crédit, il n’est pas lui-même à l’abri d’une erreur : « Errare humanum est », l’erreur est humaine.

Les données se compliquent quand on passe au niveau des groupes et que des enjeux de pouvoir interfèrent. Déjà, dans une relation interpersonnelle, l’information est soigneusement triée et filtrée selon les motivations de chaque individu avant d’être « donnée volontairement », on imagine qu’elle l’est au moins autant sinon plus quand il s’agit de celle que livrent des groupes : le secret est l’information dont la révélation mettrait en danger leurs intérêts sinon leur existence. Faut-il alors appeler « complot » cette représentation calculée de la réalité sous forme de « cartes » distinctes du « terrain » représenté, à laquelle s’attachent tout groupe, toute entreprise, tout parti, tout lobby, toute religion, tout Etat, pour assurer leur sauvegarde et leur développement ? Hélas ! Oui, la réalité fait l’objet d’une manipulation occulte à chaque instant tant par les individus que par les groupes, mais contenue plus ou moins par l’observation des autres individus et des autres groupes qui évaluent ou non la fiabilité des informations reçues et tentent ou non d’en extorquer d’autres plus fiables.

« La théorie du complot », une appellation pernicieuse

La formule « théorie du complot » est en somme pernicieuse parce qu’elle dramatise, voire criminalise le cours ordinaire de la relation d’information, et du même coup le décrédibilise, comme on le voit avec notre philosophe. Car elle postule en retour implicitement son contraire : « la croyance en la transparence ». L’information serait, paraît-il, facilement accessible aujourd’hui. Les performances technologiques accroissent cette illusion : on vivrait dans une maison de verre au su et au vu de tous. Est-il chimère plus dangereuse ? Notre philosophe a l’air d’y croire en tout cas en opposant improprement le terme moral de « vérité » à celui de « mensonge » : « toute vérité officielle, fût-elle inscrite dans les livres d’histoire, n’est que mensonge », écrit-il pour stigmatiser ce doute radical qui lui est insupportable.

Car on ne peut réfléchir sur l’information avec ces mots de « vérité » et de « mensonge » qui portent en eux-mêmes un jugement moral dès qu’on les prononce. Une maxime prêtée à Churchill aide à le comprendre : « En temps de guerre, aurait-il dit, la vérité est si précieuse qu’elle devrait être toujours protégée par un rempart de mensonges ». On voit bien qu’ici le mot « mensonge » reçoit une valeur positive qu’on ne lui donne pas spontanément, puisque son usage, en l’espèce, conditionne la réussite d’une stratégie face à l’ennemi qu’on égare, et que, partant, il protège la vie d’une nation.

Or, cette maxime ne s’appliquerait-elle qu’en temps de guerre ? Même par temps de paix, les individus et les groupes s’affrontent plus ou moins pacifiquement et la condition première du succès est la maîtrise de la représentation de la réalité qu’on impose à l’adversaire pour le surprendre et pousser son avantage : c’est le rôle non des mensonges, mais des « leurres », terme de pêche préférable qui a l’avantage de n’être pas moralement parasité.
De deux choses l’une, ou notre philosophe pèche par ignorance ou ses cris d’orfraie entrent dans une stratégie dont il faudrait alors rechercher les objectifs.

Le discrédit de l’information officielle

Il est curieux, du reste, qu’il ne se soit pas interrogé sur la raison du discrédit qui frappe à ce point l’information officielle. « (...) Cette façon de raisonner faux, s’insurge-t-il, conduisant à tenir pour vérité le contraire de la vérité dès lors que celle-ci est officielle, ne laisse pas d’inquiéter.  » Mais à qui la faute ? L’Histoire présente et ancienne n’est-elle pas un tissu de leurres dont les pouvoirs n’ont cessé d’abreuver les peuples pour conduire leur politique ? À leur décharge, peuvent-ils faire autrement ? Qui ne sut dissimuler ne sut jamais régner. La politique, selon le proverbe latin, serait l’art même de la dissimulation.

Les princes lancent tantôt de purs bobards. La prétendue mort de prématurés arrachés à leurs couveuses au Koweït par la soldatesque ennemie vise en 1990 à intéresser le peuple indigné à une intervention militaire ; ou encore un arsenal d’armes de destruction massive est imputé à l’ennemi en 2003 pour justifier une entrée en guerre. En France, a-t-on oublié « l’affaire des Irlandais de Vincennes » bientôt suivie de « celle des écoutes téléphoniques de l’Élysée » ? (2)

Tantôt les gouvernants livrent de la réalité la représentation la plus favorable à leurs intérêts. « La parole, aurait dit Talleyrand, a été donnée à l’homme pour qu’il déguise sa pensée ». De « frappes chirurgicales » en « dommages collatéraux » ou de « solution finale » en « faisabilité politique de l’ajustement », qui comprend ce qui se cache sous ces termes rassurants ou anodins ? Peut-on se douter qu’ici on parle de bombardements imprécis qui ont frappé des civils, là, de l’extermination de tout un peuple ou, encore, de la casse méthodique du service public en veillant à éviter les révoltes populaires ? N’en déplaise à notre philosophe, « la vérité officielle inscrite dans les livres d’Histoire » ne peut pas davantage être reçue comme parole d’Évangile. L’Histoire est le plus souvent écrite par les puissants et leurs scribes. On n’aurait jamais cru devoir le lui apprendre.

Mais son coup de sang n’aura pas été inutile si on a réussi à sauver le bébé de la vidange intempestive du philosophe. Le concept de « théorie du complot », contre lequel il est parti en guerre, n’est au mieux qu’un de ces leurres qui visent - encore un complot ? - à inculquer des représentations erronées par le jeu de couples diaboliques de mots dont l’un n’est pas forcément explicité. Ainsi oppose-t-on « désinformation » à « information » comme « mensonge  » à « vérité  », alors que l’on sait pertinemment qu’une information ne peut être la vérité, mais n’est tout au plus qu’une représentation plus ou moins fidèle de la réalité gardée secrète, donnée volontairement ou extorquée. Il en est de même de la distinction entre « journal d’information » et « journal d’opinion » ou entre « information » et « commentaire » : de cette confrontation, dans les deux cas, on attend que l’information, telle Vénus née des eaux, ressorte nue et pure de toute pollution d’opinion, alors que c’est rigoureusement impossible. Il en est de même avec « la théorie du complot » qui postule son contraire chimérique, « la théorie de la transparence » et qui n’a d’autre consistance que celle d’un leurre pour faire baisser la garde du doute méthodique, si l’on n’y prend pas garde. Paul Villach

(1) Le Monde

(2) "Une dignité cher payée : "L’affaire des Irlandais de Vincennes - 1982-2008 - ou l’honneur d’un gendarme"


DROIT DE REPONSE DE MR MANSOURI (Editions Demie-Lune)

Je me réjouis de lire cet article, car j’avais pour ma part rédigé cette réponse, envoyée au Monde, dans lequel elle a bien peu de chance d’apparaître... Bravo AgoraVox, espace citoyen de critique et de dialogue...

 

Bien que non nommément mis en cause, M. Arno Mansouri répond, en tant que directeur des Éditions Demi-Lune à M. Robert Redeker, philosophe, au sujet de sa tribune sur les « théories du complot » (du 11 Septembre) parue dans le journal Le Monde daté du 29 mars 2008.


 

Robert Redeker, dans Le Monde : l’effroyable légèreté de la paresse intellectuelle

 

D’emblée, on saura gré à M. Redeker, philosophe ayant accédé au rang de « pipole » suite à une virulente diatribe islamophobe parue dans Le Figaro, de ne pas avoir déformé les propos de Mlle Cotillard. Cette manière de procéder le place quelques centimètres au-dessus de la presse de caniveau (le lecteur aura reconnu le site Marianne2.fr) qui non contente de ressortir opportunément les courts propos que la jeune actrice avait tenus un an auparavant au cours d’une longue interview, les manipulent sans vergogne. Ainsi, il est utile de rappeler que contrairement à ce qu’affirmait le chapeau de l’article commis par Mme Bénédicte Charles, Mlle Cotillard ne remettait bien évidemment pas en cause la réalité même des terribles attentats du 11 Septembre, mais uniquement les comptes-rendus de la Maison-Blanche et du Pentagone qui par la suite sont devenus vérité officielle, médiatique, consensuelle, inamovible. Une sorte de nouvel évangile qui voue au ban tous ceux qui, hérétiques, osent remettre tout ou partie du mythe en question. En cela, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette jeune femme n’est pas seule avec M. Thierry Meyssan à partager une telle opinion: dans notre pays, comme en Europe, ou aux États-Unis mêmes, (sans parler des pays « du Sud » dont l’opinion ne compte pas pour le microcosme politico-médiatique hexagonal), les gens qui doutent sont légions… et ils sont de plus en plus nombreux. Nous appellerons « sceptiques » l’ensemble de cette multitudes de citoyens qui remettent en cause le bien-fondé du mythe fondateur de la croisade contre le Mal (aussi connue sous l’appellation plus politiquement correcte de « guerre contre la Terreur » ou « choc des civilisations »), j’ai nommé le 11 Septembre.

 

De l’ignorance du locuteur…

 

Qui sont ces âmes égarées ? Ces pauvres hères qui refusent ce que les médias dans leur immense majorité nous serinent depuis plus de 6 ans (car oui, j’avoue avec fierté que l’on peut me compter parmi ces « diables » !) En fait, préférant évoquer des « opinions répandues », M. Redeker n’en parle pas. Pas plus qu’il ne cite les sources sur lesquelles se basent ces « opinions » ou les arguments qui les ont fait chavirer dans l’obscurantisme révisionniste… Pas un mot sur les chefs d’État en fonction ou non, les personnalités politiques états-uniennes ou autres, les experts en tout genre (anciens des services de renseignement, militaires à la retraite ou en exercice, pilotes, ingénieurs, professeurs, etc) qui partagent les « opinions » (de cette plèbe ignare… il va sans dire).

 

Faut-il y voir une tentative d’occulter la réalité ? Sans doute pas, et cette même réalité est sans doute bien plus navrante ; je serais tenté pour ma part de penser que M. Redeker n’a jamais pris la peine de regarder l’un quelconque des nombreux documentaires états-uniens auxquels Mlle Cotillard faisait référence, ni de lire le moindre livre paru sur le sujet. En cela, il est le produit d’un mode de fonctionnement mental aussi ancien que l’humanité, qui fait fi des éléments pertinents sinon irréfutables mis en avant par son contradicteur, pour promouvoir une thèse qui lui semble plus vraisemblable, même si celle-ci repose sur un empilement de faits qui ne peuvent matériellement et physiquement pas être ! Pour plus de détails sur de telles impossibilités physiques et matérielles en regard de l’effondrement des 3 tours du World Trade Center par exemple, le lecteur se reportera utilement à la lecture du Procès du 11 Septembre de Victor Thorn, avec une postface de David Ray Griffin.

 

à son manque de curiosité intellectuelle…

 

De fait, concernant les « quelques détails insignifiants » dont parle elliptiquement M. Redeker, on aurait peine à tous les lister: la plupart de ces faits invraisemblables et pourtant avérés sont explicités avec force détails, précisions et moult notes dans les 9 ouvrages consacrés au sujet et parus dans la collection Résistances… dont le lecteur non connecté à l’Internet ne peut avoir eu connaissance tant est puissante l’omerta médiatique sur le sujet. Sur le terrorisme en général et le 11 Septembre en particulier, les informations alternatives à la version gouvernementale existent et ne sont nullement l’apanage d’une communauté de « narcisses jouissants d’une quelconque ivresse ». L’effroyable possibilité de la participation d’une infime partie de l’appareil d’État américain dans les attentats terroristes du 11/9, que ce soit par le biais (plus que probable au regard de la connaissance préalable qu’en avaient les hauts responsables de l’administration Bush) d’un laisser-faire délibéré (donc criminel), ou plus vertigineux encore par celui d’un déclenchement délibéré, cette possibilité même n’a vraiment rien de réjouissant ! Il faut être bien stupide pour ne pas le comprendre: pour ma part, je préférais le temps où, comme M. Redeker, je ne m’étais pas penché sur le sujet en profondeur. Certes, il faut faire l’effort de les chercher (comme toute information qui ne relève pas de la simple bouillie consensuelle) mais jamais il n’a été plus simple et rapide de se confronter à la réalité des faits: à ceux qui lisent l’anglais couramment, je recommande la consultation du site de Paul Thompson, The Complete 9/11 Timeline (la chronologie complète du 11/9, dont j’ai entrepris la traduction en français) ; aux autres, je ne peux que conseiller de se procurer le DVD du film 911 Press for Truth (En quête de vérité) qui se base sur ce remarquable travail d’investigation. Lequel, cela fera plaisir aux journalistes, ne se base que sur des articles, reportages et travaux parus, émis et diffusés sur des médias grand public. Il s’agit là d’un premier pas vers une vérité historique, celle par exemple de la création de la Commission d’enquête, qu’ont oubliée les néo-conservateurs français, ces sinistres va-t-en-guerre qui, après s’être réjouis de la guerre contre l’Irak, voudraient que la France s’implique militairement en Afghanistan (M. Sarkozy est en passe de les satisfaire), au Darfour, en Iran… et pourquoi pas demain au Tibet ! Nul « révisionnisme conspirationniste » donc, juste des faits. C’est un fait par exemple que l’anthrax utilisé au lendemain du 11/9 contre 2 sénateurs opposés au PATRIOT ACT et diverses rédactions ne provenait pas d’un laboratoire afghan ou irakien/iranien… mais selon toute vraisemblance d’un laboratoire du complexe militaire de Fort Detrick. L’investigation toujours en cours du FBI confirme les mises en garde du professeur Francis A. Boyle émises très rapidement après les examens des spores, et qu’il détaille dans son ouvrage Guerre Biologique et Terrorisme.

 

M. Redeker est également le produit d’une époque qui veut que nos médias ne prennent plus le temps de traiter quelque sujet que ce soit autrement que selon un schéma simplificateur à l’extrême, dont la présentation ne peut relever que de la dichotomie de deux entités diamétralement opposées, organiquement incompatibles: le Bien et le Mal, nous et eux, l’Occident et les fanatiques, le monde libre et les terroristes (synonyme de terrorisme: al-Qaida), les athées laïcs et les fanatiques religieux, les Israéliens et les Palestiniens, victimes et coupables…

 

… au choix et à l’usage des mots

 

En conformité avec la pensée dominante, lorsqu’il s’agit de traiter d’une importante question de société, M. Redeker, à l’instar de ce qui nous tient lieu d’élite intellectuelle médiatique, préfère avoir recours aux techniques bien connues de l’amalgame et à la rhétorique du néant. Mieux vaut agiter l’épouvantail du danger sectaire: son utilisation des mots « ivresse », « délirante », « fantasme », « dément », « adepte »… pour qualifier les sceptiques commence à nous être totalement familière. C’est une habitude. Si nous est épargné le qualificatif d’anti-américanisme (par essence primaire), c’est sans doute plus un oubli de sa part que la reconnaissance que les documents sur lesquels se fondent les sceptiques sont très majoritairement d’origine états-unienne ou anglo-saxonne.

 

En revanche, l’addition presque éculée mais encore si puissante, du spectre du « révisionnisme », surtout adossé au « négationnisme » (toujours effrayant car fortement connoté à la négation de la Shoah) et mâtiné de l’argument final, le fameux « anti-sémitisme » de la « bête » pour aussi abjecte qu’elle soit fonctionne encore, car elle utilise les réflexes du rejet émotionnel d’une majorité de la population. Pour qui n’a jamais discuté face à face avec un sceptique de la version officielle du 11/9, ou lu l’un des livres que j’ai édités, c’est-à-dire n’importe quel journaliste, l’affaire est entendue ! J’imagine aisément que le message est fortement ancré: (je) nous ne sommes pas des individus fréquentables à qui il convient de tendre un micro et de servir de porte-voix. Le problème de ces affirmations est qu’elles ne reposent sur rien d’autre qu’un… fantasme ! Passons sur le cynisme de telles insinuations de la part d’un individu qui s’est fait une gloire de souiller l’image d’un homme (le Prophète) dont la sainteté est, à tort ou à raison, une évidence pour plus d’un milliard d’êtres humains… Il ne sera guère utile de m’appesantir sur l’évidence que si mes livres (ou le site ReOpen911.info) faisaient étalage du moindre propos antisémite, il y a longtemps que ces livres ou ce site auraient été attaqués en justice, avec raison, et que nous eussions été condamnés. Les propos de M. Redeker, assez évasifs pour lui éviter la diffamation, assez pernicieux pour nuire aux yeux de qui ne veut pas réfléchir à leur portée, illustrent bien qu’il vit dans une société permissive (ne lui en déplaise) où l’on peut affirmer n’importe quoi, du moment qu’on l’écrit dans Le Monde.


Article du monde:

Marion Cotillard et les complots, par Robert Redeker

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Laisser les propos Marion Cotillard à leur insondable sottise serait une erreur. En mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York (Le Monde du 5 mars), l'actrice a en effet offert un puissant amplificateur à "la théorie du complot". Ces divagations ne relèvent pas d'un éclair d'imagination délirante, mais d'opinions répandues. Il importe donc de les analyser.

 

L'autodésignée "théorie du complot" se ramène à la vision délirante selon laquelle la réalité, jusque dans ses détails, fait l'objet d'une manipulation occulte dont la vérité est masquée à l'humanité. Ce conspirationnisme se développe à partir d'un usage dément du principe du doute. Il prend la forme d'une croyance affirmant qu'on ne doit rien croire de ce qui nous est dit et pose l'incroyance radicale en toute vérité établie comme norme.

 

En apparence, il s'agit d'une négation généralisée : nier par principe toute vérité attestée par des procédures reconnues et diffusée par les canaux habituels. En réalité cette négation masque une double affirmation : d'une part, toute vérité officielle, fût-elle inscrite dans les livres d'histoire, n'est que mensonge ; d'autre part, la vérité cachée est le contraire de ce qu'on nous dit. On nous dit que Coluche est mort d'un accident, le vrai est qu'il a été assassiné ! On nous dit qu'Al-Qaida a commis les attentats du 11-Septembre, le vrai est que ce sont les Américains qui en sont les auteurs ! On nous dit que l'homme a marché sur la Lune ? Mensonge ! La preuve ? Cette fable profite aux Américains ! La dialectique conspirationniste postule que la vérité est l'exact contraire de la vérité affirmée et attestée. Cette dialectique ne s'alimente que de quelques détails insignifiants mis en exergue au titre de preuves.

Rien de plus dangereux que ce tour d'esprit ! On y reconnaît la logique négationniste. Le succès dans les masses de cette façon de raisonner faux, conduisant à tenir pour vérité le contraire de la vérité dès lors que celle-ci est officielle, ne laisse pas d'inquiéter - c'est ainsi qu'argumentent les négationnistes, ces autres faussaires de l'histoire.

On devine les avantages narcissiques de la croyance dans cette théorie : son adepte s'épanouit dans le sentiment de détenir un secret d'une extrême importance. Il jouit d'en savoir plus que les plus grands savants. Il n'a pas eu à produire d'efforts pour s'élever au-dessus des sommités, il lui a suffi d'appliquer une disposition d'esprit : le rejet de toute vérité affirmée officiellement. Dans cette négation triomphe le ressentiment contre les élites de la connaissance et se déploie une figure contemporaine de l'anti-intellectualisme. Plus gratifiant encore : l'adepte de cette théorie éprouve l'ivresse d'avoir réussi à déjouer un piège collectif, dans lequel l'humanité ordinaire tombe. Il se découvre plus malin que le conspirateur qui, sous des guises diverses, trompe l'humanité depuis des siècles !

La "théorie du complot" ne vit que d'un fantasme : la manipulation occulte. Cette obsession croît exponentiellement : plus la vérité est importante, plus elle est cachée et plus complexes en sont les manipulations. D'où Dan Brown et son Da Vinci Code : l'Eglise s'est constituée pour cacher la vérité sur le Christ. Le conspirationnisme a sa méthode : pour trouver la vérité cachée, il faut croire le contraire de ce qui est officiel. Il n'y a pas de preuves ! C'est qu'elles ont été dissimulées par les conspirateurs ! L'absence de preuves manifestes constitue un argument en faveur de la conspiration.

Cette théorie dénonce aussi les manipulateurs. Pour Dan Brown, c'est l'Eglise qui tient ce rôle. Généralement ce sont les juifs. La négation du caractère terroriste des événements du 11-Septembre voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation. Nier l'événement du 11-Septembre, c'est affirmer la culpabilité américano-sioniste. Avec des variantes connues - la banque, l'argent apatride -, ces métaphores du juif. Les versions contemporaines de la "théorie du complot" se coulent dans une matrice : Les Protocoles des sages de Sion.

La théorie du complot est un ersatz des grands récits concernant le destin de l'humanité. Contre-grand récit, elle est une storytelling. Pouffer de rire devant son énonciation reste trop court. Sa parenté avec Les Protocoles des sages de Sion, son identité de structure intellectuelle avec la logique négationniste incitent à la méfiance : la théorie du complot est l'un des viscères réparés, renouvelés, du ventre d'où est sortie jadis la bête.



Par Olivier Renouard
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Dimanche 3 février 2008

Le roi est nu

Mis en place le 13 mars 2005

Robert C. Byrd est Sénateur démocrate de Virginie occidentale, Etats-Unis. Doyen du sénat, ancien leader du groupe démocrate (1977-1998), puis Président de cette assemblée (1989-1994 et 2001-2002).

En 1837, l’auteur danois Hans Christian Andersen écrivit un conte de fées merveilleux qu’il intitula Les Habits Neufs de l’Empereur. C’est
peut-être bien le tout premier exemple du pouvoir du "politiquement correct".C’est l’histoire du dirigeant d’un pays lointain qui était tellement épris de son apparence et de son habillement qu’il avait une tenue différente pour chaque heure du jour.

Un jour, deux escrocs arrivèrent dans la ville, se proclamant habiles tisserands. Ils persuadèrent l’empereur qu’ils pouvaient tisser la plus merveilleuse des étoffes, qui avait une propriété magique. Les habits n’étaient visibles que pour ceux dont le coeur et l’esprit étaient absolument purs.



L’Empereur fut impressionné et ordonna aux tisserands de se mettre immédiatement à la tâche. Les escrocs, qui avaient une profonde compréhension de la nature humaine, commencèrent à mimer le travail sur des métiers vides.

Ministre après ministre se succédèrent pour aller voir les nouveaux tissus et tous revinrent en se récriant sur la beauté de l’étoffe qui était sur les métiers bien qu’aucun d’entre eux n’ait pu voir quoi que ce soit.

Une procession grandiose fut enfin prévue pour que l’Empereur montre ses nouveaux atours. L’Empereur alla voir ses habits et fut frappé de
ne strictement rien voir, mais il fit semblant d’admirer le fabuleux tissu, d’examiner les vêtements avec émerveillement et, après s’être dévêtu, de faire les gestes de revêtir avec précaution une tenue faite des nouveaux habits.

Sous un dais royal, l’Empereur parut devant la foule admirative de son peuple - qui lançait des vivats et aplaudissait parce que tous connaissaient l’histoire des tisserands escrocs et voulaient paraître rien moins que purs de coeur.

Mais le mirage se dissipa quand un enfant innocent s’exclama à haute voix, et tout le royaume put l’entendre, que l’Empereur était complètement nu. Il n’avait aucun vêtement.

Ce conte m’apparaît très proche de la manière dont les Etats Unis ont été menés à la guerre.

On nous a dit que nous étions sous la menace d’armes de destruction massive en Irak, mais on ne les a pas vues.

On nous a dit que les foules irakiennes accueilleraient nos soldats avec des fleurs, mais ni foules ni fleurs ne sont apparues.

On nous a amenés à croire que Saddam Hussein était lié à l’attaque contre les Twin Towers et le Pentagone, mais aucune preuve n’a jamais
été produite.

On nous a dit en 16 mots que Saddam Hussein essayait d’acheter du "yellow cake" (produit concentré d’uranium prêt à l’enrichissement) à
l’Afrique pour la production d’armes nucléaires mais cette histoire est partie en fumée.

On nous a fait peur avec des visions de champigons atomiques, mais ils se sont révélés n’être que des fumées de notre esprit.

On nous a dit que l’essentiel des combats était terminé mais à la date du 17 octobre, 101 Américains étaient morts au combat depuis cette
proclamation faite du pont d’un porte-avions par notre propre Empereur lui-même dans ses nouveaux vêtements.

Notre empereur dit que nous ne sommes pas des occupants, cependant nous ne montrons aucune envie d’abandonner la terre d’Irak à son peuple.

Ceux qui ont osé montrer la nudité de la politique gouvernementale en Irak ont essuyé du mépris. Ceux qui ont remarqué l’éléphant dans la
pièce - c’est-à-dire, le fait que cette guerre était fondée sur des mensonges - ont vu leur sentiment patriotique remis en question. Ceux
qui ont dit tout haut ce que pensaient des centaines de milliers de familles de militaires dans tout le pays : que nos soldats devaient revenir rapidement, sains et saufs, des dangers encourus à l’autre bout du monde, ont été accusés d’être des froussards. Puis nous avons vu les contre-vérités, les tromperies, les falsifications, les raisonnements fallacieux qui entouraient cette course à la guerre en Irak rapidement
emballés dans le drapeau.

Le droit de poser des questions, de débattre et d’avoir une opinion différente est attaqué. On tape encore plus fort sur les tambours de la guerre pour essayer de couvrir la voix de ceux qui parlent en termes crus du pétrin où nous sommes.

Même au Sénat, notre histoire et notre tradition en tant que plus grand corps délibératif au monde sont bafoués. On a fait accepter à la Chambre cette facture énorme en un mois seulement. Il n’y a eu que
trois audiences ouvertes du Senate Appropriations Committe pour 87 milliards de dollars, sans qu’un seul témoin extérieur soit appelé à
remettre en question la ligne gouvernementale.

L’ambassadeur Bremer est allé jusqu’à refuser de retourner devant l’Appropriations Committe pour répondre à des questions supplémentaires
parce que, je cite : "Je n’ai pas le temps. Mon agenda est plein, et mes devoirs m’attendent à Bagdad."

En dépit de cette mise à l’écart sans états d’âme du Sénat et de ses devoirs de poser des questions pour représenter le peuple américain,
très peu osèrent formuler leur opposition à ce passage en force de la facture dans ces séances du Congrès. Peut-être étaient-ils retenus par
les fausses allégations selon lesquelles nos soldats auraient un besoin immédiat de nouveaux fonds.

Mais le moment est venu pour que cette attitude politiquement correcte de moutons de Panurge qui a fait ramper les membres de ce Sénat arrive à son terme.

Le roi est nu. Toute cette aventure irakienne a comme bases la propagande et la manipulation
. Quatre-vingt-sept milliards de dollars est un prix trop élevé à payer pour la poursuite d’une guerre fondée Mener le pays à la guerre en s’appuyant sur un discours trompeur et un raisonnement déformé tient de la parodie et de la tragédie. C’est la plus cynique d’entre toutes les actions cyniques. Il est dangereux de manipuler la vérité. Dangereux parce qu’une fois qu’on a menti, il est difficile d’être jamais cru à nouveau. Après avoir trompé les Américains et les avoir poussés à la guerre, ce gouvernement-ci doit maintenant essayer de soutenir une politique dont les postulats de départ sont faux. Le président demande des milliards à ces mêmes citoyens qui savent qu’on les a trompés sur la nécessité d’entrer en guerre. Nous avons donné de fausses informations à nos amis et à nos alliés, nous les avons insultés et maintenant ce gouvernement éprouve plus que de petites difficultés à obtenir de l’aide de la communauté internationale. Induire délibérément en erreur est dangereux.

L’obsession de ce gouvernement à oeillères est à présent de trouver un sens au chaos en Irak, et la propagande qui continue à émaner de la
Maison Blanche et qui dépeint l’Irak comme le centre géographique du terrorisme détourne notre attention de l’Afghanistan et des 60 autres
pays du monde où se cachent des terroristes. C’est saper des ressources qui pourraient être employées à nous protéger des terroristes sur notre propre sol. Il reste encore beaucoup, beaucoup de failles dans l’armure de nos propres concitoyens. Avons-nous oublié que la plus terrible des attaques terroristes de l’histoire s’est produite ici chez nous !! Pourtant, ce gouvernement fait marche arrière sur les fonds affectés à la sécurité intérieure, pendant que le président déverse des milliards dans la sécurité pour l’Irak. Je suis impuissant à comprendre ou à
expliquer une telle politique.

J’ai essayé avec force d’améliorer ce projet de loi. Par deux fois j’ai tenté de diviser l’argent de la reconstruction dans ce projet de loi, de manière que ces dollars-là puissent être considérés séparément des dépenses militaires. J’ai proposé un amendement pour forcer le gouvernement à élaborer un plan pour faire en sorte que d’autres pays aident les troupes, et à formuler un plan pour que les Nations-Unies
entrent en Irak et que les Etats-Unis en sortent. Par deux fois j’ai essayé de protéger ce projet de loi d’autorités auto-satisfaites et changeantes qui transforment ces 87 milliards de $ en un chèque en blanc. Le peuple américain doit comprendre que nous allouons plus d’aide à l’Irak dans ce projet de loi : 20,3 milliards de $, que nous n’en donnons à tout le reste du monde ! J’ai essayé d’enlever de ce projet de loi des milliards destinés à des programmes de gaspillage et de rediriger ces fonds vers un meilleur emploi. Mais, à chaque fois, mes efforts ont été sapés par l’argument creux que nous devons tous soutenir le Commandant en Chef.

Je ne peux pas rester là à regarder écraser toujours plus nos petits-enfants sous le fardeau des milliards qui sortent du Trésor pour une guerre et une politique largement fondées sur la propagande et la prévarication. Nous empruntons 87 milliards de $ pour financer cette aventure en Irak. Le président demande au Sénat de payer cette guerre par un accroissement de la dette, une dette qui devra être payée par nos enfants et par ces mêmes soldats qui sont en train de faire cette guerre. Je ne peux pas soutenir d’extravagantes réductions d’impôts qui plongent notre pays dans une dette potentiellement désastreuse pendant que nos soldats se battent et meurent dans une guerre que la Maison Blanche a choisi de lancer.

Je ne peux pas soutenir la poursuite d’une politique qui contrairement à toute raison et pour ce qu’on peut présager cloue sur place 150 000
soldats américains, et dont on ne voit pas la fin.

Je ne peux pas soutenir un président qui refuse d’autoriser le changement raisonnable du cours des choses qui rangerait à nos côtés en Irak des alliés traditionnels.

Je ne peux pas soutenir la politique du zèle et de ’la puissance fait le droit’ qui a créé la nouvelle arrogance et le nouvel unilatéralisme
américains qui passent pour de la politique étrangère dans ce gouvernement.

Je ne peux pas soutenir cette application stupide de la doctrine dangereuse et déstabilisante de préemption qui transforme l’image de
l’Amérique en celle d’un tyran implacable.

Le roi est nu. Et nos anciens alliés de par le monde ont été les premiers à en faire l’observation à voix haute.

Je voterai contre ce projet de loi parce que je ne peux pas soutenir une politique fondée sur la prévarication. Je ne peux pas soutenir le
fait de débourser 87 milliards de nos impôts durement gagnés alors que j’ai tant de doutes sur la sagesse de leur utilisation.

J’ai commencé mes remarques par un conte de féées. J’achèverai mes remarques avec un récit d’horreur, sous forme d’une citation extraite
du livre Nuremberg Diaries, écrit par G.M. Gilbert, dans lequel l’auteur interroge Hermann Goering.

"Nous sommes revenus sur le sujet de la guerre et j’ai dit que, contrairement à son attitude, je ne pensais pas que les gens ordinaires éprouvent beaucoup de gratitude pour les dirigeants qui leur apportent guerre et destruction.

"...Mais, après tout, ce sont les dirigeants du pays qui déterminent la politique et c’est toujours une chose facile que d’entraîner le peuple, qu’il s’agisse d’une démocratie ou d’une dictature fasciste ou d’un régime parlementaire ou d’une dictature communiste.

"Il existe une différence, ai-je fait observer. Dans une démocratie les gens ont leur mot à dire par l’intermédiaire de leurs représentants
élus, et aux Etats-Unis seul le Congrès peut déclarer des guerres."

"Oh, tout cela est très bien, mais, voix ou pas voix, les gens peuvent toujours être amenés à suivre les ordres des dirigeants. C’est facile.
Tout ce que vous avez à faire est de leur dire qu’ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes de manquer de patriotisme et de mettre le pays
en danger. Cela fonctionne de la même manière dans tous les pays.
"

Robert Byrd, discours prononcé devant le sénat américain le 17 octobre 2003       
http://byrd.senate.gov

Par Olivier Renouard
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