Depuis le 11 septembre, les Etats-Unis se sont lancés dans une guerre au terrorisme, au nom du monde ' libre '. Cette vision ' impériale ' n'a rien de surprenant pour un pays qui, guerres mondiales mises à part, a dépêché des troupes dans 28 pays en un siècle ! Premier bénéficiaire de cette frénésie interventionniste : le complexe militaro-industriel, dont la menace fut jadis prophétisée par le président Eisenhower. 50 ans plus tard, à l'heure de la présence américaine en Irak, le Pentagone (ministère de la Défense, nda) absorbe à lui seul les trois quarts des dépenses militaires de la planète. La démocratie américaine peut-elle survivre à un tel appétit pour le recours à la force ? Dans ce film, Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain, racontent les ressorts d'une addiction à la guerre sans cesse croissante. Ils reviennent pour cela sur la genèse de la guerre d'Irak, la sophistication criminelle du ' scénario ' servi à l'opinion à propos des armes de destruction massive. Ils détaillent le mensonge fait au peuple américain, au Congrès, aux alliés, aux Nations Unies, au monde... et ses dégâts politiques. Jamais auparavant la Maison Blanche n'avait initié un conflit de cette envergure sur un tel mensonge et pour des raisons aussi éloignées des intérêts supérieurs de la nation américaine. Pour nos personnages, la guerre d'Irak constitue un ' détournement de la nation '. Elle est le prototype de la guerre de l'avenir, la ' guerre éternelle, sans claire définition de la victoire ', alimentée par la création permanente ' d'ennemis imaginaires '. Sombre bilan, à l'heure de l'actuelle ' crise iranienne '. A partir de la genèse du fiasco irakien, ce film s'offre comme une plongée sur Washington et ses arcanes, un monde secret aux mains de marchands d'influence prospérant sur le sang des autres. Parmi eux, le principal architecte de la guerre d'Irak : le vice-président Dick Cheney.(Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants). Copyrights de l’image ci-dessus : prod
Comment un groupe de néoconservateurs américains, baptisé la Cabale, a-t-il été mis en place et a-t-il pu se retrouver aux
commandes de la deuxième attaque de l'Irak ? Cette enquête édifiante détaille un mensonge fait au peuple américain, au Congrès, aux alliés, aux Nations unies et au monde entier…
« Quand j'ai compris que les politiques voulaient la guerre — quitte à mentir au peuple américain pour avoir leur guerre —, je suis tombée des nues, j'y ai vu une violation de la Constitution,
sinon une insulte et une trahison de mes états de service et de ceux En de tous les militaires », explique Karen Kwiatkowski, lieutenant-colonel de l'US Air Force à la retraite. Elle a vécu le 11
Septembre en direct. En mai 2002, elle est transférée vers le département Moyen-Orient du Pentagone et s'étonne de pratiques étranges. Ecœurée, elle quitte ses fonctions en mars 2003, dans les
jours qui suivent l'invasion de l'Irak. Joseph Trento, journaliste et écrivain, quant à lui, analyse le rôle de Dick Cheney, vice-président américain, de Donald Rumsfeld, numéro un du Pentagone,
et du président George W. Bush dans la construction d'un scénario criminel. Rumsfeld décide pour cela de s'appuyer sur ses amis néoconservateurs et de mettre en place un système de renseignement
parallèle interne au Pentagone. Ses hommes d'influence vont intégrer, à la fin de l'été 2002, une nouvelle unité secrète appelée Office of Special Plans (OSP).
Sa fonction ? Produire des synthèses, non amendables, sur le terrorisme, les armes de destruction massive, Saddam Hussein et l'Irak. Karen Kwiatkowski et Joseph Trento passent en revue la propagande, les erreurs stratégiques, l'augmentation des budgets militaires, la neutralisation du FBI et de la CIA, le décalage entre les recommandations de l'OSP et les rapports d'espionnage mentionnant l'absence de preuves concernant la possession d'armes de destruction massive. Mais aussi le poids de l'AIPAC, un lobby pro-israélien, les contestations de militaires et d'hommes politiques, la corruption à Washington DC… Karen Kwiatkowski et Joseph Trento dénoncent une guerre dont les raisons sont éloignées des intérêts supérieurs de la nation américaine. Ils pointent du doigt une croisade au nom du business et au profit des entreprises d'armement, qui risque de décrédibiliser pour longtemps les Etats-Unis.
Merci à M4J1K pour ses vidéos.
La machine à abrutir
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/JOURDE/16204
sélectionné par http://groups.google.fr/group/medias-me … nformation
Jusqu’à
présent, la qualité des médias audiovisuels, public et privé confondus, n’était pas vraiment un sujet. Puis le président de la République découvre que la télévision est mauvaise. Il exige de la
culture. En attendant que la culture advienne, l’animateur Patrick Sabatier fait son retour sur le service public. En revanche, des émissioans littéraires disparaissent. C’est la culture qui va
être contente.
Avec l’alibi de quelques programmes culturels ou de quelques fictions « créatrices », les défenseurs du service public le trouvaient bon. Ils ne sont pas difficiles. Comme si, à l’instar d’une
vulgaire télévision commerciale, on n’y avait pas le regard rivé à l’Audimat. Comme si la démagogie y était moins abondante qu’ailleurs.
Les médias ont su donner des dimensions monstrueuses à l’universel désir de stupidité qui sommeille même au fond de l’intellectuel le plus élitiste. Ce phénomène est capable de détruire une
société, de rendre dérisoire tout effort politique. A quoi bon s’échiner à réformer l’école et l’Université ? Le travail éducatif est saccagé par la bêtise médiatique, la bouffonnerie érigée en
moyen d’expression, le déferlement des valeurs de l’argent, de l’apparence et de l’individualisme étroit diffusées par la publicité, ultime raison d’être des grands groupes médiatiques. Bouygues
envoie Jules Ferry aux oubliettes de l’histoire.
Lorsqu’on les attaque sur l’ineptie de leurs programmes, les marchands de vulgarité répliquent en général deux choses : primo, on ne donne au public que ce qu’il demande ; secundo, ceux qui les
cri-tiquent sont des élitistes incapables d’admettre le simple besoin de divertissement. Il n’est pas nécessairement élitiste de réclamer juste un peu moins d’ineptie. Il y a de vrais spectacles
populaires de bonne qualité. Le public demande ce qu’on le conditionne à demander. On a presque abandonné l’idée d’un accès progressif à la culture par le spectacle populaire. Victor Hugo,
Charlie Chaplin, Molière, René Clair, Jacques Prévert, Jean Vilar, Gérard Philipe étaient de grands artistes, et ils étaient populaires. Ils parvenaient à faire réfléchir et à divertir.
L’industrie médiatique ne se fatigue pas : elle va au plus bas.
Chacun a le droit de se détendre devant un spectacle facile. Mais, au point où en sont arrivées les émissions dites de « divertissement », il ne s’agit plus d’une simple distraction. Ces images,
ces mots plient l’esprit à certaines formes de représentation, les légitiment, habituent à croire qu’il est normal de parler, penser, agir de cette manière. Laideur, agressivité, voyeurisme,
narcissisme, vulgarité, inculture, stupidité invitent le spectateur à se complaire dans une image infantilisée et dégradée de lui-même, sans ambition de sortir de soi, de sa personne, de son
milieu, de son groupe, de ses « choix ». Les producteurs de télé-réalité — « Loft story », « Koh-Lanta », « L’île de la tentation » —, les dirigeants des chaînes privées ne sont pas toujours ou
pas seulement des imbéciles. Ce sont aussi des malfaiteurs. On admet qu’une nourriture ou qu’un air viciés puissent être néfastes au corps. Il y a des représentations qui polluent l’esprit.
Si les médias des régimes totalitaires parviennent, dans une certaine mesure, à enchaîner les pensées, ceux du capitalisme triomphant les battent à plate couture. Et tout cela, bien entendu,
grâce à la liberté. C’est pour offrir des cerveaux humains à Coca-Cola que nous aurions conquis la liberté d’expression, que la gauche a « libéré » les médias. Nous, qui nous trouvons si
intelligents, fruits de millénaires de « progrès », jugeons la plèbe romaine bien barbare de s’être complu aux jeux du cirque. Mais le contenu de nos distractions télévisées sera sans doute un
objet de dégoût et de dérision pour les générations futures.
On a le choix ? Bien peu, et pour combien de temps ? La concentration capitaliste réunit entre les mêmes mains les maisons d’édition, les journaux, les télévisions, les réseaux téléphoniques et
la vente d’armement. L’actuel président de la République est lié à plusieurs grands patrons de groupes audiovisuels privés, la ministre de la culture envisage de remettre en cause les lois qui
limitent la concentration médiatique, la machine à abrutir reçoit la bénédiction de l’Etat (1). Les aimables déclarations récentes sur l’intérêt des études classiques pèsent bien peu à côté de
cela.
Quelle liberté ? La bêtise médiatique s’universalise. L’esprit tabloïd contamine jusqu’aux quotidiens les plus sérieux. Les médias publics courent après la démagogie des médias privés. Le vide
des informations complète la stupidité des divertissements. Car il paraît qu’en plus d’être divertis nous sommes informés. Informés sur quoi ? Comment vit-on en Ethiopie ? Sous quel régime ? Où
en sont les Indiens du Chiapas ? Quels sont les problèmes d’un petit éleveur de montagne ? Qui nous informe et qui maîtrise l’information ? On s’en fout. Nous sommes informés sur ce qu’il y a eu
à la télévision hier, sur les amours du président, la garde-robe ou le dernier disque de la présidente, les accidents de voiture de Britney Spears. La plupart des citoyens ne connaissent ni la
loi, ni le fonctionnement de la justice, des institutions, de leurs universités, ni la Constitution de leur Etat, ni la géographie du monde qui les entoure, ni le passé de leur pays, en dehors de
quelques images d’Epinal.
Un des plus grands chefs d’orchestre du monde dirige le Don Giovannide Mozart. Le journaliste consacre l’interview à lui demander s’il n’a pas oublié son parapluie, en cas d’averse. Chanteurs,
acteurs, sportifs bredouillent à longueur d’antenne, dans un vocabulaire approximatif, des idées reçues. Des guerres rayent de la carte des populations entières dans des pays peu connus. Mais les
Français apprennent, grâce à la télévision, qu’un scout a eu une crise d’asthme.
Le plus important, ce sont les gens qui tapent dans des balles ou qui tournent sur des circuits. Après la Coupe de France de football, Roland-Garros, et puis le Tour de France, et puis le
Championnat d’Europe de football, et puis... Il y a toujours une coupe de quelque chose. « On la veut tous », titrent les journaux, n’imaginant pas qu’on puisse penser autrement. L’annonce de la
non-sélection de Truc ou de Machin, enjeu national, passe en boucle sur France Info. Ça, c’est de l’information. La France retient son souffle. On diffuse à longueur d’année des interviews de
joueurs. On leur demande s’ils pensent gagner. Ils répondent invariablement qu’ils vont faire tout leur possible ; ils ajoutent : « C’est à nous maintenant de concrétiser. » Ça, c’est de
l’information.
On va interroger les enfants des écoles pour savoir s’ils trouvent que Bidule a bien tapé dans la balle, si c’est « cool ». Afin d’animer le débat politique, les journalistes se demandent si
Untel envisage d’être candidat, pense à l’envisager, ne renonce pas à y songer, a peut-être laissé entendre qu’il y pensait. On interpelle les citoyens dans les embouteillages pour deviner s’ils
trouvent ça long. Pendant les canicules pour savoir s’ils trouvent ça chaud. Pendant les vacances pour savoir s’ils sont contents d’être en vacances. Ça, c’est de l’information. A la veille du
bac, on questionne une pharmacienne pour savoir quelle poudre de perlimpinpin vendre aux étudiants afin qu’ils pensent plus fort. Des journalistes du service public passent une demi-heure à
interroger un « blogueur », qui serait le premier à avoir annoncé que Duchose avait dit qu’il pensait sérieusement à se présenter à la présidence de quelque machin. Il s’agit de savoir comment il
l’a appris avant les autres. Ça, c’est de l’information. Dès qu’il y a une manifestation, une grève, un mouvement social, quels que soient ses motifs, les problèmes réels, pêcheurs, enseignants,
routiers, c’est une« grogne ». Pas une protestation, une colère, un mécontentement, non, une grogne. La France grogne. Ça, c’est de l’information.
On demande au premier venu ce qu’il pense de n’importe quoi, et cette pensée est considérée comme digne du plus grand intérêt. Après quoi, on informe les citoyens de ce qu’ils ont pensé. Ainsi,
les Français se regardent. Les journalistes, convaincus d’avoir affaire à des imbéciles, leur donnent du vide. Le public avale ? Les journalistes y voient la preuve que c’est ce qu’il
demande.
Cela, c’est 95 % de l’information, même sur les chaînes publiques. Les 5 % restants permettent aux employés d’une industrie médiatique qui vend des voitures et des téléphones de croire qu’ils
exercent encore le métier de journalistes. Ce qui est martelé à la télévision, à la radio envahit les serveurs Internet, les journaux, les objets, les vêtements, tout ce qui nous entoure. Le
cinéma devient une annexe de la pub. La littérature capitule à son tour.Le triomphe de l’autofiction n’est qu’un phénomène auxiliaire de la « peopolisation » généralisée, c’est-à-dire de
l’anéantissement de la réflexion critique par l’absolutisme du : « C’est moi, c’est mon choix, donc c’est intéressant, c’est respectable. »
La bêtise médiatique n’est pas un épiphénomène. Elle conduit une guerre d’anéantissement contre la culture. Il y a beaucoup de combats à mener. Mais, si l’industrie médiatique gagne sa guerre
contre l’esprit, tous seront perdus.
Merci à Thibaut
Ce petit texte à pour but d'expliquer une vérité habilement dissimulée par un savant lavage de cerveau : la dette des
États, de TOUS les États endettés du monde, est due au fait que le système bancaire s'est approprié la création de la monnaie. Cet endettement des nations et des individus est un leurre qui ne
doit sa survie qu’à la confusion mentale dans laquelle sont entretenus les dirigeants et les peuples, et à la méconnaissance générale du fonctionnement de la création monétaire.(1)
Il existe des ouvrages qui expliquent par le détail pourquoi cette dette, dont on nous rebat les oreilles et qui paralyse tous les gouvernements, est une ESCROQUERIE
monstrueuse.
par Paul Craig Roberts, ancien ministre adjoint des Finances des
Etats-Unis.
Le régime Bush, dominé par les néo-conservateurs et les médias, occupés par les Israéliens, mènent un monde aveugle à la guerre nucléaire.
A l’époque du gouvernement Reagan, le National Endowment for Democracy (NED) avait été fondé comme instrument de la guerre froide. De nos jours, le NED est chargé de maintenir
l’hégémonie mondiale des Etats-Unis sous le contrôle des néo-conservateurs. Sa fonction principale consiste à investir de l’argent des Etats-Unis dans d’anciennes parties de l’Union
soviétique et à procéder à des manipulations électorales de manière à entourer la Russie d’Etats fantoches aux mains des Américains.
Le régime néo-conservateur de Bush a recouru au NED pour s’immiscer dans les affaires intérieures de l’Ukraine et de la Géorgie, conformément au plan néo-conservateur visant à installer des
régimes politiques favorables aux Etats-Unis et hostiles à la Russie dans ces deux anciens secteurs de l’Union soviétique.
Par des interventions en Slovaquie, en Serbie et au Monténégro, le NED a aussi servi à dépecer l’ancienne Yougoslavie.
Allen Weinstein, qui avait participé à l’élaboration du projet de loi relatif à la fondation du NED, a déclaré en 1991 au «Washington Post» que beaucoup «de ce que fait le NED actuellement a été
fait clandestinement par la CIA pendant 25 ans.»
Après avoir installé une marionnette – Mikheïl Saakachvili – à la présidence de la Géorgie, le régime Bush a tenté de faire admettre la Géorgie dans l’OTAN.
Le lecteur trop jeune à l’époque doit savoir que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord était une alliance militaire conclue entre les Etats-Unis et les Etats de l’Europe occidentale pour
résister à tout mouvement des armées soviétiques en direction de l’Europe occidentale. Depuis l’effondrement politique interne de l’Union soviétique, il y a près de deux décennies,
l’OTAN a perdu sa raison d’être. Les néo-conservateurs ont modifié ses fonctions, comme celles du NED, de manière à en faire un instrument de l’hégémonie mondiale des
Etats-Unis. Les gouvernements postérieurs des Etats-Unis ont violé les conventions conclues par le président Reagan avec Michael Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique,
et ont intégré dans l’OTAN d’anciennes parties de l’Union soviétique. L’objectif des néo-conservateurs, qui est d’encercler la Russie par une ceinture militaire hostile, est constamment
réaffirmé.
Les membres européens occidentaux de l’OTAN ont fait échouer l’admission de la Géorgie, la considérant comme une provocation contre la Russie et se rappelant qu’ils dépendent des livraisons de
gaz naturel de cette dernière. L’intention du gouvernement Bush d’installer des boucliers balistiques anti-missiles en Pologne et en République tchèque inquiète également les Européens, car il en
résultera que les missiles nucléaires russes de croisière seront dirigés vers les capitales européennes. Les Européens ne voient guère l’avantage qu’ils auraient à empêcher le bloc américain
d’éviter des mesures de rétorsion russes au prix de leur propre existence. Des défenses antimissile ne servent à rien contre des missiles de croisière.
Tous les pays, hormis les Etats-Unis, en ont assez de la guerre. La guerre – même la guerre nucléaire – fait partie de la stratégie néo-conservatrice menant à l’hégémonie
mondiale.
Le monde entier – hormis les Etats-Unis – sait qu’il faut attribuer le conflit armé qui a éclaté en Ossétie du Sud entre les forces armées russes et géorgiennes aux seuls Etats-Unis et à leur
marionnette Saakachvili. Seuls dans le monde entier, les Américains ne sont pas conscients que Saakachvili a entamé les hostilités, parce que Bush, Cheney et les médias aux mains d’Israël leur
mentent une fois de plus.
Tous les autres savent que l’individu instable et corrompu appelé Saakachvili, qui prêche la démocratie et pratique l’Etat policier, ne s’en serait jamais pris à la Russie en attaquant l’Ossétie
du Sud si Washington ne lui avait pas donné le feu vert.
L’attaque géorgienne contre la population russe d’Ossétie du Sud poursuivait deux objectifs:
• Elle devait convaincre les Européens que leur tentative d’obtenir le report de l’admission de la Géorgie dans l’OTAN était la cause de l’«agression russe» et que seule cette
admission pouvait empêcher que la Géorgie ne soit conquise.
• Elle devait épurer la population de l’Ossétie du Sud de sa population russe. Equipée et instruite par les Etats-Unis, l’armée géorgienne a attaqué de manière ciblée et tué 2000
civils russes.
Après avoir atteint ce but, Saakachvili et ses instigateurs de Washington ont exigé d’urgence un cessez-le-feu et la fin de l’agression russe. On espère que la population russe aura peur de
rentrer chez elle ou qu’elle pourra être dissuadée de rentrer, ce qui éliminerait le risque d’une scission.
Si le régime Bush peut tromper le peuple des Etats-Unis comme il le fit à propos des armes irakiennes de destruction massive, des ogives nucléaires iraniennes et même du 11-Septembre, le
reste du monde – même les alliés européens achetés et payés par les Etats-Unis – n’y croit pas.
Dans un article de l’«Asia Times», l’ambassadeur M. K. Bhadrakumar, antérieurement diplomate de l’Indian Foreign Service (IFS) [notamment en Union soviétique, en Corée du Sud, au Sri Lanka, en
Allemagne, en Afghanistan, au Pakistan, en Ouzbékistan, au Koweït et en Turquie], constate la désinformation que répandent le régime Bush et les médias des Etats-Unis et relate que «la Russie
avait tenté, au début des hostilités, d’inciter le Conseil de sécurité à faire une déclaration exigeant de la Géorgie et de l’Ossétie du Sud qu’elles déposent immédiatement les armes. Mais
Washington n’était pas intéressé.»
L’ambassadeur Bhadrakumar souligne que le recours à la violence et à la propagande par les Etats-Unis et la Géorgie a mis fin à l’espoir du gouvernement russe de trouver une solution à la
question de l’Ossétie du Sud par la diplomatie et la bonne volonté. Si la Russie le voulait, elle pourrait mettre fin à son gré à l’existence de la Géorgie comme Etat indépendant, et les
Etats-Unis ne pourraient rien y faire.
Il est certain que l’invasion de l’Ossétie du Sud par la Géorgie a été orchestrée par le régime Bush. Les médias américains et les think tanks néo-conservateurs étaient prêts à déverser leur
propagande-éclair. Les néo-conservateurs tenaient à disposition un éditorial du «Wall Street Journal» dans lequel Saakachvili déclarait que «la guerre de Géorgie était une guerre pour
l’Occident.»
Forcé de constater l’effondrement de son armée dès l’envoi de troupes russes pour protéger l’Ossétie du Sud, Saakachvili a affirmé: «Il n’est plus question de la Géorgie. Il s’agit de l’Amérique,
de ses valeurs.»
La néo-conservatrice Heritage Foundation, à Washington, a mis sur pied une conférence de presse urgente, organisée par le va-t-en-guerre Ariel Cohen: «Urgent! Evénement: la guerre
russo-géorgienne: un défi aux Etats-Unis et au monde.»
Le «Washington Post» a procuré une plate-forme aux tambours de guerre du néo-conservateur Robert Kagan: «Poutine démarre.»
Seul un fou comme Kagan peut supposer que Poutine, s’il avait l’intention d’envahir la Géorgie, le ferait à partir de Pékin ou que – après avoir mis en fuite l’armée géorgienne entraînée par les
Américains – il ne poursuivrait pas sa route, conquérant toute la Géorgie pour mettre fin aux agissements des Etats-Unis à la frontière la plus exposée de Russie, agissements qui se termineront
probablement, un jour, par une guerre nucléaire.
Le «New York Times» a imprimé la tirade de Bill Kristol: «La Russie s’en tirera-t-elle impunément?» Kristol y tonne contre «les régimes dictatoriaux, agressifs et fanatiques» qui «se réjouissent
de contribuer de concert à l’affaiblissement de l’influence des Etats-Unis et de leurs alliés démocratiques». Il présente un nouvel axe du mal – Russie, Chine, Corée du Nord et Iran – et met en
garde contre «les atermoiements et hésitations», qui «provoquent uniquement de nouvelles menaces et une aggravation des risques».
En d’autres termes: «Attaquez la Russie maintenant.»
Dick Cheney, le vice-président malade mental des Etats-Unis a appelé Saakachvili pour lui exprimer la solidarité des Etats-Unis envers la Géorgie et a
déclaré: «L’agression russe ne doit pas rester sans réponse.» Seul un idiot peut dire à Saakachvili autre chose qu’«arrêter immédiatement».
Quel effet doit exercer sur les troupes et les services secrets américains la déclaration propagandiste et irresponsable de Cheney concernant le soutien des Etats-Unis aux crimes de guerre de la
Géorgie? Quelqu’un croit-il sérieusement que la CIA ou quelque autre service de renseignements américain ait dit au vice-président que la Russie avait provoqué le conflit par une invasion? Les
troupes russes ont atteint l’Ossétie du Sud après que des milliers d’Ossètes eurent été tués et que des dizaines de milliers, voulant échapper à l’attaque géorgienne, se furent enfuis en Russie.
Selon des articles de presse, les forces armées russes ont fait prisonniers des Américains mêlés aux troupes géorgiennes, qui dirigeaient leurs attaques contre les civils.
Compte tenu des défaites essuyées en Irak et en Afghanistan ainsi que de la guerre projetée contre l’Iran, les militaires des Etats-Unis ne disposent certainement plus des ressources nécessaires
à une guerre contre la Russie.
Par l’attaque géorgienne, le régime Bush s’est rendu coupable d’une nouvelle série de crimes de guerre. Quelles en seront les conséquences?
De nombreuses personnes rétorqueront que le régime Bush a survécu impunément au 11-Septembre, à l’Afghanistan, à l’Irak et à ses préparatifs d’attaque contre l’Iran; il devrait en aller de même
de son aventure géorgienne. Il se peut, toutefois, que le régime Bush ait exagéré cette fois-ci.
Il est maintenant certain que la Russie a reconnu que les Etats-Unis avaient décidé d’exercer leur hégémonie sur la Russie, dont ils sont le pire ennemi.
La Chine a réalisé quelle menace les Etats-Unis constituaient pour son approvisionnement en énergie et, partant, pour son économie.
Même les alliés européens de l’Amérique, qui ont des difficultés à jouer leur rôle de fournisseur de troupes de l’empire américain, devraient maintenant comprendre qu’il est dangereux d’être
l’allié de l’Amérique et qu’il n’en résulte aucun avantage. Si la Géorgie était admise dans l’OTAN et renouvelait son attaque contre l’Ossétie du Sud, elle entraînerait l’Europe dans une guerre
avec la Russie, son principal fournisseur de produits énergétiques.
De plus, rien n’arrêtera les troupes russes chargées de traverser les frontières européennes.
De plus, si les troupes russes sont envoyées au-delà des frontières de l’Europe, rien ne pourra les arrêter.
Qu’est-ce que les Etats-Unis ont à offrir à l’Europe, à part les millions de dollars qu’ils versent pour acheter les leaders politiques européens afin de s’assurer qu’ils trahiront leurs
populations? Absolument rien. La seule menace militaire qui pèse sur l’Europe consiste dans le risque d’être entraînée dans les guerres hégémoniques de l’Amérique.
Les U.S.A. sont financièrement en faillite car leur déficit budgétaire et commercial dépasse la totalité des déficits du monde. Le dollar est affaibli. Le marché de la consommation dépérit suite
à la délocalisation des emplois américains et par conséquent des revenus, et aux effets sur la fortune de l’effondrement de l’immobilier et des instruments financiers.
Les Etats-Unis n’ont rien à offrir à l’Europe. En fait, le déclin économique américain tue les exportations européennes en augmentant la valeur de l’euro.
Il y a longtemps que l’Amérique a perdu sa supériorité morale. L’hypocrisie est devenue sa caractéristique la plus connue. Bush, qui a envahi l’Afghanistan et l’Irak grâce à des mensonges et à
des tromperies, tonne contre la Russie parce qu’elle s’est portée au secours de ses troupes de maintien de la paix et des citoyens russes d’Ossétie du Sud. Bush, qui a arraché le Kosovo à la
Serbie et l’a remis aux musulmans, s’est montré inflexible à l’égard d’autres mouvements séparatistes, en particulier à l’égard des Ossètes du Sud qui désirent faire partie de la Fédération de
Russie.
Le régime néoconservateur de Bush est furieux parce que l’ours russe n’a pas été intimidé par l’agression commise par la Géorgie, Etat marionnette des Etats-Unis. Au lieu d’accepter cet acte
hégémonique américain demandé par le scénario néoconservateur, la Russie a mis en fuite l’armée géorgienne américanisée.
Ayant échoué au plan militaire, le régime Bush déchaîne maintenant la rhétorique. La Maison Blanche avertit la Russie que le fait de ne pas céder à l’hégémonie américaine pourrait avoir
«d’importantes répercussions à long terme sur les relations entre Washington et Moscou». Les crétins qui constituent le régime Bush ne comprennent-ils vraiment pas qu’à part une attaque atomique
surprise contre la Russie, les Etats-Unis ne peuvent absolument rien faire contre Moscou?
Le régime Bush ne possède pas de devises russes qu’il pourrait vendre à vil prix alors que les Russes possèdent des dollars. Il ne détient pas d’obligations russes qu’il pourrait vendre à vil
prix alors que les Russes détiennent des obligations américaines. L’Amérique ne peut pas couper l’approvisionnement en énergie de la Russie mais les Russes peuvent couper celui des alliés
européens des Etats-Unis.
Le président Reagan a négocié la fin de la guerre froide avec le président soviétique Gorbatchev. Les néoconservateurs que Reagan avait virés du gouvernement, étaient furieux. Ils espéraient
gagner la guerre froide et, par conséquent, instaurer l’hégémonie américaine. Sous Bush père, l’establishment républicain a restauré l’hégémonie qu’il avait perdue sous Reagan. Avec cet exploit,
l’intelligence a été chassée du Parti républicain.
Les néoconservateurs ont organisé leur retour avec la première guerre du Golfe et grâce à leur propagande totalement mensongère selon laquelle des soldats irakiens passaient des bébés koweïtiens
à la baïonnette dans les hôpitaux.
Les néoconservateurs ont fait un nouveau come-back avec le président Clinton qu’ils convainquirent de bombarder la Serbie afin de permettre aux mouvements séparatistes de constituer des Etats
indépendants à la botte de l’Amérique.
Avec Bush fils, les néoconservateurs ont pris le pouvoir. Leur programme d’hégémonie mondiale de l’Amérique comprend l’hégémonie d’Israël sur le Moyen-Orient.
Jusqu’ici, les plans de ces idéologues ignorants et dangereux se sont cassé la figure. L’Irak, autrefois entre les mains des sunnites laïques qui constituaient un rempart contre l’Iran, est,
depuis l’invasion américaine et l’occupation, aux mains des chiites religieux alliés à l’Iran. En Afghanistan, les talibans reviennent en force et une importante armée USA/OTAN est incapable de
maîtriser la situation.
Une conséquence de la guerre des néoconservateurs contre l’Afghanistan a été la perte de pouvoir du président du Pakistan, marionnette des Etats-Unis à la tête d’un pays possédant l’arme
nucléaire. Moucharraf a démissionné et l’armée a fait savoir aux Américains qu’ils devaient cesser de mener des opérations en territoire pakistanais. Les marionnettes d’Egypte et de Jordanie
pourraient être les prochaines à tomber.
En Irak, les chiites, ayant achevé leur nettoyage ethnique dirigé contre les sunnites dans leurs territoires, ont déclaré le cessez-le-feu pour contredire la propagande selon laquelle le retrait
américain entraînerait un bain de sang. Les négociations sur le calendrier du retrait ont lieu maintenant entre les Américains et le gouvernement irakien qui ne se comporte plus comme un
fantoche.
L’année dernière, Hugo Chavez a ridiculisé Bush devant les Nations Unies. Le Russe Poutine a ridiculisé Bush en évoquant le «camarade loup».
Le 12 août dernier, la Pravda apostrophait le président américain en ces termes: «Bush, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas?» Les Américains peuvent s’imaginer être une superpuissance
devant laquelle le monde tremble, mais les Russes ne tremblent pas. Les Américains qui sont assez stupides pour croire que la «superpuissance» américaine protège les citoyens contre les dangers
devraient prendre connaissance du mépris absolu que la Pravda manifeste à l’égard de Bush:
Président Bush: Dans votre déclaration de lundi sur les légitimes actions de la Fédération de Russie
en Géorgie, vous avez «oublié» encore une fois de mentionner les crimes de guerre commis par les forces militaires géorgiennes, appuyées par des conseillers américains, contre des civils russes
et ossètes.
Président Bush, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas?1 Votre fidèle allié, Mikhail Saakachvili, proclamait le cessez-le-feu tandis que ses troupes, ainsi que vos conseillers, se massaient à
la frontière ossète, attaquaient Tskhinvali à la faveur de la nuit et la détruisaient, visant les structures civiles comme le font vos forces en Irak.
Président Bush, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas? Vos avions de transport américains ont ramené en Georgie des milliers de soldats géorgiens directement d’Irak dans la zone de
combats.
Président Bush, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas? Comment expliquez-vous le fait qu’hier, parmi les soldats géorgiens fuyant les combats, on pouvait clairement entendre des officiers
disant: «Get back inside» (retournez!) en anglo-américain et comment expliquez-vous le fait qu’on parle d’Américains figurant parmi les soldats géorgiens blessés ?
Président Bush, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas? Pensez-vous vraiment que quelqu’un accorde encore la moindre importance à vos déclarations après huit ans de votre régime politique
criminel et meurtrier?
Croyez-vous vraiment que vous puissiez avoir un droit moral sur tout et imaginez-vous vraiment qu’il y a un seul être humain quelque part sur cette planète qui ne vous fasse pas un bras d’honneur
chaque fois que vous apparaissez sur un écran de télévision?
Croyez-vous vraiment avoir le droit de donner un avis ou un conseil après Abu Ghraib, après Guantanamo, après le massacre de centaines de milliers de citoyens irakiens, après les tortures
pratiquées par les agents secrets de la C.I.A.?
Croyez-vous vraiment que vous ayez le droit de faire une déclaration sur un point quelconque du droit international après vos accusations mensongères contre l’Irak puis son invasion
criminelle?
Président Bush, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas? Supposons que la Russie déclare, par exemple, que la Géorgie possède des armes de destruction massive? Et qu’elle sait où elles sont,
c’est-à-dire à Tbilissi et à Poti et tout autour? Et qu’on en est sûr grâce aux services de renseignements étrangers et à des photos satellites d’usines de lait en poudre et de céréales pour
bébés produisant des armes chimiques que l’on transporte par camions à travers le pays? Supposons que la Russie déclare par exemple que « Saakachvili menace le monde » et qu’il est temps de
changer de régime.
C’est simple, n’est-ce pas, Président Bush?
Alors, pourquoi est-ce que vous ne la fermez pas? Et à propos, envoyez encore d’autres conseillers militaires en Georgie, ils font un travail bien rémunéré. Et ils ont un aspect amusant dans nos
instruments de vision nocturne: ils sont tout verts!
L’Amérique n’est pas une superpuissance. C’est une farce en faillite dirigée par des imbéciles qui ont été installés lors d’élections volées organisées par Karl Rove et Diebold.2 C’est un guignol
qui, par son ignorance, outrage et tente de brutaliser un énorme pays doté de dizaines de milliers d’armes nucléaires. •
Source: www.counterpunch.org du 13/8/2008
(Traduction Horizons et débats)
1 Reprise d’une phrase du roi Juan Carlos adressée à Hugo Chavez (n.d.t.)
2 Fabricant de machines à voter (n.d.t.)
* Paul Craig Roberts fut Secrétaire adjoint au Trésor sous l’administration Reagan.
Il a également été rédacteur associé de la page éditoriale du Wall Street Journal et rédacteur en chef et collaborateur de la National Review.
Il est le co-auteur de The Tyranny of Good Intentions.
MERCI A JEAN-PIERRE POUR CET ARTICLE.

La question n’est pas de déterminer si John McCain, grâce à l’apport que représente Sarah Palin, va gagner l’élection présidentielle US. Ce résultat dépend également d’autres variables et est secondaire par rapport à ce que cette candidature révèle. Celle-ci est le symptôme d’une profonde mutation de l’ordre symbolique de la société, à savoir l’apparition au grand jour de la figure maternelle, à qui est offerte le pouvoir d’État. Cette image, entièrement érigée par les médias, se substitue à la figure paternelle. Ce mode de communication englobant, supprime toute distinction entre intérieur et extérieur, entre privé et public. Il installe une relation fusionnelle entre individu et pouvoir. Cette transformation n’est pas seulement formelle. Elle atteste d’un changement radical dans l’organisation sociale, le passage d’une structure névrotique à une structure psychotique, à savoir le déni du lien social et la neutralisation de la conscience.
Pour la première fois dans l’histoire des élections états-uniennes, alors qu’il s’agit généralement d’une fonction effacée, l’intérêt pour le poste de vice-président dépasse celui porté envers le candidat effectif. Qui connaît la personnalité du vice-président de George W. Bush ? Ici, au contraire, depuis plusieurs semaines le candidat républicain reste à l’ombre de sa colistière. Il n’est plus que celui qui a porté son choix sur Sarah Palin.
Maintenant, la presse états-unienne insiste sur l’âge de ce dernier, sur sa maladie, sur le fait qu’il ne pourrait ne pas aller jusqu’au bout de son mandat et, ainsi, laisser la place à sa colistière. Il apparaît de plus en plus que voter McCain c’est remplir les conditions qui permettront à Sarah Palin d’exercer le mandat présidentiel.
La situation dans laquelle se trouve Sarah Palin est exactement l’inverse de celle dans la laquelle était cantonnée Hillary Clinton. Au contraire de cette dernière, elle ne s’est pas battue pour obtenir cette fonction, la place lui a été offerte.
Hillary Clinton avait insisté sur sa compétence et sa longue expérience. Sarah Palin ne peut faire valoir qu’une fonction de maire d’une petite ville, ainsi que d’un mandat de gouverneur d’un État très peu peuplé.
Dans son opposition à Obama, Hillary Clinton s’était positionnée en championne des valeurs masculines. Cette position féministe classique : plus forte que les hommes sur leur propre terrain, ne lui a pas permis de supplanter son rival. Au contraire, son avantage initial dans les sondages s’est renversé.
Quelle est la qualité prêtée à la nouvelle candidate qui supplée à tout ce qui était considéré, jusqu’à présent, comme indispensable pour occuper le poste présidentiel ? Au contraire de Clinton, Sarah Palin ne se présente pas comme une femme en compétition avec les hommes. Elle apparaît à travers la figure de la mère. Elle n’a pas besoin des attributs du masculin pour être une femme. Les hommes sont déjà hors jeu. Ils se présentent comme des enfants et lui abandonnent le pouvoir.
Dans son discours d’intronisation de colistière de McCain, elle se présente comme féminité toute puissante, qui peut donner la vie et la mort. Elle est à la fois mère de famille qui enfante, qui conduit ses enfants au hockey et ange exterminateur, « pitt bull avec rouge à lèvres », qui détruit ses adversaires politiques et anéantit les « ennemis de l’Amérique ».
La candidate à la vice-présidence s’est montrée ferme envers la Russie, n’excluant pas la possibilité d’une guerre. Elle a aussi envisagé une intervention au Pakistan, sans obtenir l’aval du gouvernement de ce pays. Le discours s’est révélé non seulement belliqueux, mais unilatéral, donnant un caractère absolu à sa décision. Aucune place n’est laissée à la négociation et rien n’est discuté avec les « alliés ». L’autre n’existe pas.
Le rapport à la castration permet de différencier Palin de Clinton. Le phallus est châtré symboliquement par la Loi qui enjoint, à la mère, de ne pas se le donner à elle-même, par l’intermédiaire de l’enfant.
Palin exalte la toute puissance de la mère, celle qui avale ses enfants et qui opère un déni de la prévalence de la Loi.
Clinton, quant à elle, reste bloquée à un stade antérieur de la féminisation de la société. Elle veut concurrencer l’homme. Elle occupe une position féministe classique, elle se revendique comme étant plus digne que les hommes de porter le signifiant phallique. Son action se limite à une guerre de place au sein de la même structure.
Palin, elle, ne se modèle plus sur les hommes. Elle effectue une démarche post-féministe où la confrontation de genre n’existe plus. Nous ne sommes plus dans la guerre des sexes. Sarah Palin opère un déni du signifiant. Elle ne cherche pas à acquérir le phallus symbolique, elle l’est grâce à l’image. Toute médiation disparaît. Sa jouissance est sans limites. Maintenant la figure maternelle est érigée par les médias, tel un phallus. Cette maternité triomphante exclut tout autant les femmes que les hommes, elle ne s’adresse qu’à des enfants. Le récent appui de la première organisation féministe états-unienne à Obama montre que le principal combat d’arrière garde, face à la toute puissance maternelle, viendra de la femme. Quant à l’homme il s’est, depuis longtemps, placé hors jeu.
Clinton n’a pas pu engranger les acquis de la féminisation de la société. C’est Palin qui bénéficie de celle-ci, du renversement de la Loi du père. Elle incarne une mère toute puissante qui n’introduit plus dans le langage, dans le symbolique, mais enferme dans l’image, dans le narcissisme. Elle opère un déni de la castration symbolique, une négation du manque et lui substitue un phallus imaginaire qu’elle s’approprie. Le doute ne l’atteint pas, elle est prête à tout. Elle est le tout qui jouit de lui-même, une toute puissance qui n’est pas barrée par la Loi.
Ainsi, Palin est la figure politique idéelle d’une société d’après le 11 septembre 2001, une société où, au niveau juridique, le rôle de la loi est renversé. Le pouvoir qui impose la loi n’y est plus soumis. Cette dernière devient une forme vide. Elle n’est plus que l’enregistrement de la toute puissance de l’administration. Cette mutation dans l’ordre symbolique, ainsi que le déni des faits, suppriment tout point d’arrêt, toute extériorité, à la puissance maternelle qu’incarne le pouvoir. Cela est particulièrement visible dans la transformation de l’ordre juridique, qui, actuellement, supprime toute distinction entre intérieur et extérieur, toute différence entre guerre et paix. Le droit pénal et le droit de la guerre sont confondus. L’Etat applique à ses propres populations des techniques de surveillance et d’emprisonnement qui, autrefois, étaient réservées à l’ennemi.
Sarah Palin est une pure image de cette structure sociale où les individus sont plongés dans l’effroi et s’abandonnent à l’État en tant que mère. Ils consentent à la destruction de leurs libertés et du droit de disposer d’eux-mêmes en échange d’une prise en charge sécuritaire qui les annulent.
Jean-Claude Paye| Juillet 2009 | ||||||||||
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